Roger François (1925-2017)
Article mis en ligne le 2 février 2018 par admin_2
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In memoriam Roger François
(1925-2017)

Notre ami, notre camarade et notre Frère Roger François n’est plus. C’est sa fille qui nous a appris la triste nouvelle. Dire qu’elle étreint le cœur de tous ceux qui ont milité à côté de lui, à Force Ouvrière à la Sécurité sociale, à la Libre Pensée et surtout à Entraide et Solidarité, serait une formule quelque peu réductrice. Notre peine est grande et notre chagrin est immense.

Roger était un homme bien. Fidèle, loyal et respectueux des principes auxquels il n’a jamais dérogé. Je l’ai connu il y a des décennies quand il y avait des débats internes intenses au sein de la Fédération nationale de la Libre Pensée. Nous n’avions pas le même point de vue et n’étions pas du même côté à ce moment-là.

Rien ne nous fût épargné dans la turpitude et la vilenie. Tout était bon pour certains de nous critiquer ; plus c’était calomnieux, mieux c’était. Il y en eut beaucoup de nos contempteurs qui se sont alors discrédités à jamais, tant leur félonie et leur bassesse apparurent au grand jour. Mais ce n’était pas qu’hier, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

Roger ne fut jamais de ceux-là. Quand, dans un congrès mémorable, la preuve fut faite des mensonges, cela éclata comme un coup de tonnerre. Roger ne supportait pas le mensonge, la déloyauté et les « coups bas ». Pour lui, tout n’était pas permis, il devait y avoir des règles à respecter. Car ne pas respecter les autres, c’est ne pas se respecter soi-même. C’était un « honnête Homme » selon la formule du XVIIIe Siècle.

Avec une grande force et un courage certain, il changea de point de vue sur nous, nous qui nous efforcions de sauver la Libre Pensée. Nous y avons réussi pleinement, grâce à des camarades comme Roger François. Il incarnait à merveille la devise compagnonnique : « Servir, ne pas se servir, ni s’asservir ».

Il devint alors un compagnon de lutte de tous les instants et de tous les moments. Il ne fit jamais défaut à la Libre Pensée qui était le Grand Œuvre de sa vie. L’âge, la maladie, les difficultés firent qu’il ne se consacra plus qu’à la Résidence des personnes âgées de saint-Gorges-des-sept-voies dans le Maine-et-Loire. « Notre » maison de retraite, « la Résidence » celle qui montrait à l’évidence que la solidarité chez les libres penseurs avait un sens profond.

Quand il y avait un Conseil d’administration d’Entraide et Solidarité et de la Résidence là-bas, le rituel était toujours le même. On se retrouvait la veille dans un hôtel-restaurant où il avait ses habitudes avec Jacques Mombé et on dinait ensemble. Le lendemain, après la réunion, on déjeunait sur place dans la salle à manger pour partager le quotidien des résidents.

Malgré les divergences passées, tous les camarades qui étaient là, venant parfois de très loin, mettaient « entre-parenthèses » les problèmes internes pour s’atteler à défendre notre « bien commun, la Résidence ». Ce fut une époque où les difficultés, notamment juridiques, nous empêchèrent de continuer à faire vivre cette réalisation.

On doit aux talents de Philippe Puaud, de Patrick Duyts, de Jacques Mombé, de Roger François, de Joachim Salamero et de bien d’autres encore d’avoir pu sortir de cette situation difficile au mieux. L’action d’Entraide et Solidarité changea et Roger Lepeix et Michel Godicheau firent au mieux. « Les temps changent » chantait Bob Dylan à une époque, et c’est bien vrai. Néanmoins et jusqu’à une date récente, Roger François tenait à venir en taxi depuis sa banlieue donner un coup de main à Entraide et Solidarité. Puis, il fut nommé Administrateur honoraire, poste qui fut créé spécialement pour lui.

Nous nous revîmes une dernière fois aux funérailles au Père Lachaise de Jacques Mombé, où nous étions nombreux de la Fédération nationale de la Libre Pensée, d’Entraide et Solidarité et de l’IRELP à être présents aux côtés de Roger dans un dernier salut à son ami de toujours à qui il était resté fidèle et loyal.

Il me manquera, il me manquait déjà quand la maladie l’avait éloigné, il m’a toujours manqué depuis.

Salut et Fraternité, Roger.

Christian Eyschen

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