Le Conseil d’Administration de l’IRELP s’est réuni le 12 septembre 2020

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Convoqué régulièrement, le CA s’est tenu au siège de la FNLP, la salle de réunion de l’IRELP n’étant pas adaptée. En plus des administrateurs, étaient présents les membres de la commission de contrôle nouvellement élue.

Dans son rapport, le Président a rappelé que longtemps, il a fallu résoudre la contradiction entre le fait que la Libre Pensée soit plus vieille association de ce pays, et ait été la dernière à se doter d’un centre de recherches. Cette phase est terminée depuis le CA de septembre 2018.

Si nous attendions depuis quelque temps à un choc majeur (du type « crise économique »), la forme de ce choc (pandémie, confinement, crise économique) nous a, évidemment, surpris. Mais tout ce qui dépendait de nous a été effectué et l’IRELP n’a pas été affecté par le confinement. Il n’y a aucune outrecuidance à le dire. Notre strict plan de travail a été retardé seulement « de cinq semaines » comme cela a pu être écrit. Seule ombre au tableau, la question du Congrès international de Madrid de 2020 reporté ainsi que les activités internationales en relations avec ce Congrès. Par ailleurs, nous enregistrons un nombre de cotisations inégalé en 2020, ce qui est signe de très bonne santé.

Nous avons édité les Actes du colloque 2019, un an après la tenue du dit colloque.

L’ouvrage Histoire de Libre Pensée est un succès éditorial et financier incontestable : Le 2e tirage est presque épuisé, il faut donner mandat au bureau pour les modalités du 3e tirage.

L’organisation du local a enregistré un progrès spectaculaire (les photos n’en rendent pas pleinement compte).

Le Colloque des 13 et 14 mars 2021 (Paris) pour le 150e anniversaire de la Commune de Paris se prépare.

Il nous faut réfléchir aux moyens d’expression, notamment Recherches & Etudes, qui fonctionne avec deux numéros par an, un thématique, un varia. Au printemps, nous avons décidé que le numéro d’octobre soit consacré aux épidémies/pandémies.

La discussion, particulièrement riche et instructive, a mis en relief différents points.

Tout d’abord, il faut se féliciter du CA « new look » et de sa composition incluant des professionnels de la recherche ; une dimension et une forme nouvelles de notre réflexion s’en sont suivies.

Si la revue papier doit continuer (« tout doit exister »), il est indispensable qu’elle soit accessible sur Cairn (site de revues en ligne sur lequel on peut acheter des articles), c’est une vitrine obligée ; en outre, elle est gratuite dans les facultés et permet donc d’être en contact avec les étudiants. L’inscription sur d’autres sites comme Calenda ou Carnet Hypothèses doit être soigneusement étudiée (ce qui implique une personne pour donner vie à cela). La meilleure qualité de la maquette de la revue a été soulignée.

Nous avons un fonds (archives, publications, livres) qu’il faut exploiter et faire connaitre. Car il s’agit, certainement, des archives les plus importantes au monde sur la Libre Pensée. Paradoxalement, le travail de classement a été plus significatif cette année.

Il va falloir poursuivre les entretiens/interviewes en les distinguant de visio-conférences avec des auteurs ou des conférenciers, de manière telle que l’échange avec le public puisse être possible.

Plus généralement, l’IRELP a gagné sa place comme Institut mais il nous faut toujours réfléchir à comment ouvrir, nous faire connaitre, etc.

Nous avons plusieurs moyens d’expression qu’il faut différencier en sachant que le public est toujours différent (et donc qu’il faut nous adresser différemment à ces publics différents) : Recherches & Etudes, le site (qui est la vitrine de l’IRELP, pas plus mais pas moins), les vidéos et conférences, la lettre d’informations (la plus factuelle possible), Liaisons (lettre électronique d’argumentation).

La Bibliothèque doit fonctionner avec la confection d’une base de données.

Il faut trouver à chaque fois la personne idoine.

Le Président a conclu cette discussion. Toutes les suggestions sont prises en considération en vue de leur réalisation. Un vote unanime s’en est suivi afin que le bureau « mette en musique » les propositions du CA.

Un point particulier a été, logiquement, consacré aux finances et il a été donné quitus à la trésorière par vote unanime.

La réunion s’est terminée comme prévu à 12h 15.

Suite à un article publié dans la revue 20&21, Annie Lacroix-Riz fait valoir son droit de réponse

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Nous publions ici le droit de réponse d’Annie Lacroix-Riz publié dans la revue 20&21 à un article précédent de cette revue. Le droit de réponse étant strictement réglementé (et tant mieux), on peut estimer que si publication de cette réponse il y eut, c’est que les termes normaux d’une critique historique n’avaient pas été respectés. ==> lire la réponse d’Annie Lacroix-Riz

Contribution de l’IRELP à la conférence de l’IAHLI

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Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée

Gestionnaire de la Bibliothèque de « Entraide et Solidarité »

204 rue du Château des Rentiers 75013 PARIS

irelp@laposte.net

La “crise du corona” n’a pas affecté l’IRELP de manière substantielle.
Pour deux raisons différentes. La première est que nous nous attendions à une crise mondiale. Evidemment, nous n’avions en rien prévu une crise de type pandémique et le confinement. Nous nous attendions à une crise financière de l’ordre de celle de 2008 en beaucoup plus importante (à notre avis, cette crise est à venir). Donc, nous avons avancé à marche forcée depuis plusieurs années pour être un Institut solide sur ses bases, reconnu par les siens et avec un public assez étendu qui nous fasse confiance. Y sommes-nous arrivés ? L’avenir le dira.
La seconde raison est que nous sommes un petit Institut avec un petit budget. Nous n’avons pas de salariés. Ce budget repose essentiellement sur nos propres produits et le soutien des organisations amies ; pas du tout sur le soutien de mécènes ni sur celui de fonds publics. C’est un problème en temps normal, c’est une chance en temps de crise : nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes.
Tout d’abord, nous n’avons enregistré aucun décès. Dans la tragédie mondiale que fut la crise du virus, nous savons que d’autres ont été cruellement frappés et c’est à eux que nous pensons d’abord.
Avec le confinement, nous avons dû fermer nos locaux et nous n’avons pu recevoir ni chercheurs ni étudiants. Le classement de nos archives, celui de la Bibliothèque (les deux sont toujours en développement incessant), l’achat des meubles nécessaires ont été interrompus. En un mot, tout ce qui était du domaine du physique a été interrompu. Incontestablement, cela a été un manque. Nos relations internationales ont également été affectées.
Nous avons, en revanche, fait fonctionner beaucoup plus que d’habitude les liens électroniques. D’abord, pour rompre l’isolement des 2500 correspondants. Nous avons signalé à ceux-ci les ouvrages ou revues en ligne qui étaient sur notre site, en multipliant les informations, les envois d’articles parfois anciens. Nous avons également procédé à un sondage et à un bilan avec nos correspondants sur leur appréciation de notre site, ce qui permettait de poursuivre le dialogue (l’IRELP n’était pas inactif). Mais nous n’avons pas résolu la question des personnes (rares) qui n’ont pas accès à internet.
La fermeture de nos locaux a affecté nos activités, et donc nos finances mais les propriétaires des locaux que nous louons (Mairie de Paris indirectement) ont fait preuve de beaucoup de compréhension. Nous tenons à les remercier.
Dès que les livraisons postales ont pu reprendre nos envois ont repris progressivement. L’importance des relations passées avec nos correspondants ayant permis une confiance réciproque, les commandes de livres et de revues ont continué, même en quantité moindre.
Nous avons, également, modifié en urgence le contenu de notre revue, prévue pour octobre qui sera consacré à « Catastrophes naturelles, épidémies, cléricalisme, anticléricalisme ». Nos contacts ont apprécié notre réactivité.
Cette situation nous a obligé à constater le grand retard pris sur la numérisation de nos archives et la nécessité de rattraper ce retard, au moins partiellement.
La solidité et l’efficacité (dans la limite de nos moyens) sont des éléments qui ont permis notre fonctionnement pendant cette période difficile.

Jean-Marc Schiappa, Président

Présentation du livre ” Une histoire de la Libre pensée ” par Quentin Dauphiné, dans “Révolution permanente”

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Télécharger l’article de Quentin Dauphiné

 

Sur Collectif, coord. Louis Couturier, Christian Eyschen, Jean-Marc Schiappa, Histoire de la Libre Pensée, IRELP, 2019.


L’IRELP (Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre pensée), a édité une Histoire de la Libre pensée.
En France, pour les militant.es la « Libre pensée » renvoie avant tout à l’évocation d’une organisation laïque : la FNLP (Fédération nationale de la Libre pensée). Cet ouvrage nous rappelle utilement que la réalité est plus polysémique, et donc plus riche. Il prend le parti de défi nir la Libre pensée ainsi : elle n’est pas une doctrine, mais une méthode.
Qui dit méthode, dit méthode d’explication du monde et de la société : autrement dit, le rationalisme, et en tout cas la démarche d’explication de la réalité sociale et physique sans faire appel à une divinité ni à un texte révélé.
Cela étant, il est nécessaire deux distinguer deux éléments quand on parle de « libre pensée », c’est quelque part le sujet central de ce livre :
– une attitude philosophique et intellectuelle, impliquant la remise en cause des dogmes dominants et des pouvoirs en place ;
– un courant militant organisé, dont on peut dater l’apparition du milieu du 19e siècle même s’il a pris des formes variées depuis.
Le livre en question nous montre le passage – ou plutôt la superposition – entre ces deux dimensions, ce qui l’amène à se centrer plus spécifiquement sur la situation française : la France est un des pays où la libre pensée a pu jouer un rôle majeur, notamment lors de la mise en place d’une laïcisation à peu près complète des institutions (loi de Séparation de 1905).
Une Libre pensée dont les thématiques d’action sont fortement imprégnées de la Révolution française.
Un aspect important de l’ouvrage est de faire entrevoir – ce sont plus des moments-clefs qu’une narration continue – les grands débats de la Libre pensée française face aux événements ayant déchiré le 20e siècle et le 21e siècle débutant : une histoire heurtée, pas toujours rectiligne ni glorieuse. Du basculement de nombreux libres penseurs dans l’Union sacrée, en passant par le soutien accordé au Front populaire puis la rupture avec ce dernier, les luttes d’après 1945, concentrées sur la défense de la laïcité scolaire (le fameux slogan « fonds publics pour l’école publique, fonds privés pour l’école privée ») et de la loi de 1905, jusqu’à l’indépendance difficilement acquise face au gouvernement «socialiste» de 1981…,
le livre se termine sur une note positive et prudemment optimiste, finissant par embrasser le début de l’année 2020. On aurait aimé que les termes de certains débats internes – qui relèvent aussi de débats plus généraux dans le mouvement ouvrier – soient présentés plus
explicitement. Ainsi la scission des années 1990, ou même les remous internes plus récents comme lors de la scission du trotskysme « lambertiste », assez bien représenté parmi les « cadres » de la Libre pensée française.
Des éléments seraient aussi à creuser. Par exemple l’entrecroisement entre mouvement ouvrier (notamment l’anarchisme), franc-maçonnerie (républicaine bourgeoise) et travail d’émancipation intellectuelle face aux préjugés de la société bourgeoise (cf. le rôle des femmes libres penseuses) : c’est à peu près la seule organisation qui peut ouvertement revendiquer des sensibilités idéologiques allant de l’anarchisme jusqu’aux républicains radicaux (le pilier de la « gauche » sous la 3e République). Si la séparation « définitive » (sachant que l’Etat capitaliste cherche toujours à intégrer le mouvement ouvrier quand il ne le réprime pas) entre mouvement ouvrier et bourgeoisie prend corps lors de la seconde moitié du 19e siècle et se matérialise dans le sang avec la répression de la Commune, comment analyser une telle conjonction dans une organisation ? Cela est-il porteur de sens et de perspectives ? Une figure comme celle de Ferdinand Buisson, dont le rôle majeur est rappelé y compris dans l’élaboration de la loi de Séparation, semble apporter une réponse affirmative à ces questions ; mais lui-même, n’a-t-il pas basculé dans l’Union sacrée en 1914 ?
Finalement, ce livre apporte d’utiles éclairages, même si bien entendu on peut discuter telle ou telle affi rmation. Et surtout – ce qui est sans doute un de ses buts – il donne en envie d’en savoir davantage sur cette Libre pensée qui provoque des cauchemars parmi les
plus obscurantistes des dignitaires catholiques.


Quentin DAUPHINÉ

PHILIPPE SURET CANALE N’EST PLUS

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Chers amis, chers camarades,

Philippe Suret-Canale nous a quittés hier, en milieu d’après-midi. Hospitalisé à Cochin, les dernières nouvelles qu’il m’avait données de lui étaient plutôt rassurantes. Le 23 avril, il m’annonçait son départ possible en rééducation « pour remarcher ». Puis son état s’est brutalement dégradé.

Philippe avait vu le jour en 1936, l’année des grandes grèves ouvrières au terme desquelles furent arrachées des conquêtes sociales essentielles : la semaine de quarante heures et les congés payés. Cette circonstance a dû laisser une empreinte très forte chez lui : Philippe a toujours été du côté du progrès et de l’amélioration du sort des hommes. Sans dogmatisme aucun, parce qu’il avait l’esprit parfaitement libre. Cette liberté se manifestait par un humour de tous les instants qui faisait rire les plus austères. La grande culture qu’il avait acquise et sa belle profession de graveur de médailles l’avaient constamment nourrie.

Philippe avait donc tout naturellement rejoint la fédération des Hauts-de-Seine de la Libre Pensée, il y a déjà de longues années. Il en a tenu parfaitement les comptes pendant plusieurs d’entre elles. Il égayait les assemblées générales annuelles et les banquets organisés en commun avec la fédération de Paris pour l’anniversaire de la décollation de Louis Capet, ci-devant roi de France puis des Français.

Philippe avait ainsi placé ses pas dans ceux de son frère aîné, Jean Suret-Canale, célèbre historien français. Le hasard du calendrier faisant bien les choses, je lui avais adressé, à la fin de l’année 2019, la copie d’une lettre figurant dans le dossier conservé par l’IRELP du congrès national de la Libre Pensée de 1949 par laquelle les responsables du groupe rennais recommandaient à André Lorulot et Jean Cotereau une intervention auprès du ministre de l’éducation nationale en vue de réparer une injustice dont Jean avait été victime.

Voici cette lettre1 :

LETTRE ADRESSÉE PAR LE GROUPE RENNAIS DE LA LIBRE PENSÉE À ANDRÉ LORULOT ET JEAN COTEREAU

(Source : dossier d’archives relatif au congrès national du Mans de 1949)

Rennes, le 20 mars 1949

Nous sommes particulièrement peiné de constater ce qui arrive à notre camarade Suret-Canale, un très bon et vrai camarade Libre Penseur depuis le 13 juillet 1946.

C’était un jeune professeur au Lycée de Rennes, qui s’est marié peu après son adhésion et parti à Brest. Pas de groupe à Brest. Il part ensuite à Dakar, toujours en liaison avec nous et très généreux.

Nous ignorons le fond de l’incident, mais nous voulons considérer qu’il y a là une injustice flagrante dont nous nous indignons.

Il y a eu dans le passé des « Francisco Ferrer » et dans une République démocratique et Union française, la Liberté de Pensée ne doit-elle pas exister. Nous venons de connaître Madagascar etc…2

La CGT est-elle légal ou non ! FO et la CFTC le sont-elles également.

Il faut une intervention d’urgence près du ministre de l’Éducation Nationale voir la Ligue de l’enseigt … adresser un manifeste. L’on me connaît comme socialiste dont je ne suis plus beaucoup satisfait de la collaboration cléricale, mais là en libre penseur, soyons indignés de tels procédés.

Cet article que je te joins vient de paraître dans l’Ouest Matin.

[…]

Notre Fédération nationale comme la Ligue des droits de l’Homme doit intervenir devant toute injustice en réclamant la réparation du préjudice subi.

Signature illisible

La fédération des Hauts-de-Seine de la Libre Pensée et moi-même adressons nos sincères condoléances à la famille de Philippe.

Le président,

Dominique GOUSSOT

1 L’orthographe a été conservée.

2 Je suppose qu’il s’agit des massacres de 1947.

Discours au banquet du XXe anniversaire de l’IRELP

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« Il ne peut y avoir que des réponses momentanées et diversifiées

qui, toutes, ininterrompues vont dans le même sens

mais qui, pour autant, ne constituent pas une réponse finie. »

Discours au banquet du 22 juin 1019

« Chers amis, chers camarades,

Nous sommes entre nous et c’est un repas d’anniversaire ; autant de raisons de nous féliciter et de nous réjouir.

En corse, on dit « ci campenù ». Chacun remarquera la proximité avec le « Gaudeamus » rabelaisien.

Un anniversaire et quel ! Les vingt ans de l’IRELP.

Je ne gloserai pas sur la symbolique forte de la vingtaine d’années qui va du classique éloge de l’amour printanier au nostalgique et amer reproche de Paul Nizan.

Mais les institutions, car l’IRELP est une institution, n’est-ce pas ?, ne fonctionnent pas au rythme des hommes. Je ne dis pas que cela est bien ou que cela est mal, c’est simplement un rythme, une respiration autre ; peut-être même un appétit autre. Un être humain peut être rassasié et nous espérons l’être à la fin de la soirée. Une intelligence humaine – et l’IRELP n’est rien d’autre qu’une intelligence humaine organisée – ne peut jamais être repue.

Au sortir du colloque de mars 2008, nous pouvions clamer non sans orgueil : « La démarche historique n’a de sens que dans son propre dépassement, son mouvement permanent dans lequel chaque moment prépare le suivant qui va le dévorer.

L’esprit humain ne peut fonctionner que de cette manière.

L’équilibre est mortel.

Le mouvement, la contradiction ne le sont pas.

C’est dans un tel développement de positions et de négations successives, superposées, entremêlées que l’intelligence accède à la plénitude que Hegel compare à l’orgie bachique faite de désordre apparent et de sérénité accomplie. »

Notre fête en appelle d’autres ; notre anniversaire n’est pas tombal.

Certes, nous ne pouvons, ce serait à la fois présomptueux et indécent, spéculer sur l’avenir. Je rappelle souvent la phrase du libre-penseur Victor Hugo « l’avenir est un fantôme aux mains vides qui n’a rien et promet tout ». Nous n’avons pas vraiment rien et nous ne promettons pas tout.

Pour les autres éléments marquants de cet anniversaire, il y a le Livre d’Or avec 20 messages d’amis, dont certains sont ici, et 20 textes jalonnant notre activité et le livre de synthèse sur l’histoire de la Libre Pensée ; cela, d’un certain point de vue, est déjà inscrit. Pour ainsi dire, cela fait presque partie du passé. Ce qui ne signifie nullement que les conditions concrètes de la réalisation de l’un et de l’autre soient vulgaires ou subalternes. Je n’en dirai pas plus, ne voulant sacrifier à Hermès, le dieu grec des commerçants et … des voleurs. Vous connaissez toutes et tous l’état des finances de l’IRELP.

Aujourd’hui, nous avons réfléchi ensemble sur la diversité des convictions et sur l’unité des appartenances dans la Libre Pensée. Même s’il est beaucoup trop tôt pour avoir assimilé le contenu des riches messages et interventions de ce jour, et que la lecture des Actes nous donnera encore plus à réfléchir et à agir, parce que réfléchir sans agir n’est guère utile, nous pouvons très présomptueusement avancer deux pistes, parmi certainement beaucoup d’autres.

En cette fin de journée de juin peut-être n’est-il pas indifférent de convoquer une autre journée de juin que j’imagine, le soleil se couchant, semblable à la nôtre, mais qui a vu l’exécution par la soldatesque nazie d’un certain nombre de résistants, au nombre desquels l’immortel historien Marc Bloch. Ce dernier écrivait « le doute méthodique est d’ordinaire le signe d’une bonne santé mentale ». Cela est vrai et cela est le signe distinctif de l’humanité, bien plus que la station verticale. Sans doute méthodique, pas d’humanité. Ce doute philosophique est le point de départ et la raison de vivre de la Libre Pensée : le refus de la chose que l’on présente comme établie, intangible et immuable. L’existence organisée de la Libre Pensée est le signe de la bonne santé mentale de l’humanité, au moins dans ses aspirations et dans ses espérances.

Et c’est ici que le message de ce colloque doit nous inquiéter, sinon nous tourmenter, du moins nous préoccuper, même s’il dépasse très largement la situation individuelle de chacun d’entre nous ici, quelque soit son pays et quelque soit sa responsabilité ou sa place : comment l’unité dans la Libre Pensée peut-elle vivre avec la diversité des convictions ? Si cette unité n’est possible que dans la plus extrême diversité, si une unité sans diversité ne donne que l’unanimité des cimetières, et que la solidité d’une arche n’est possible que par la présence, en quelque sorte, active, interactive, de chacune de ses parties, que l’absence ou la dilution d’une composante annihile l’ensemble, comment faire ? Il est facile, ô combien, d’appeler à la diversité mais la pratiquer demande un quotidien exigeant. Ce n’est qu’une question et elle n’appelle pas de réponse ce soir, non pas pour interdire l’échange entre nous tous et qui sera fructueux assurément, mais parce que cette question n’appelle pas de réponse uniforme ; il ne peut y avoir que des réponses momentanées et diversifiées qui, toutes, ininterrompues vont dans le même sens mais qui, pour autant, ne constituent pas une réponse finie. Si la réponse était finie, il n’y aurait plus de place pour le doute méthodique.

Pour cette quête, il nous faut un outil.

Dans le colloque a circulé et circule ce soir, un projet d’appel international visant à aider la plus intense coopération scientifique et historiographique qui doit se mener dans et pour la liberté de recherches sur le plan qui est le nôtre, celui de la Libre Pensée. Cela est écrit mais cela doit être souligné : personne n’est en concurrence avec personne. La situation monopolistique interdit le doute méthodique. Je vous demande de réserver le meilleur accueil possible à cet appel. »

Entretien avec Mme Razika Adnani

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Mme Razika Adnani est une écrivain, philosophe, islamologue reconnue. Elle est membre du Conseil d’Orientation de la Fondation de l’Islam de France, membre du Conseil Scientifique du Centre Civique d’Étude du Fait Religieux (CCEFR).

Quelques citations, extraites de ses travaux, sont mises en exergue sur son site web  ; il ne peut y avoir de meilleure présentation que de citer l’une d’entre elles :

” La laïcisation de l’état comporte et permet la laïcisation de la pensée. C’est l’objectif réel de la laïcité : libérer la politique pour libérer la pensée. “

Elle est l’auteur de nombreux ouvrages dont Islam : quel problème ? Les défis de la réforme paru en 2017. Spécialiste incontestée de la question, elle a bien voulu répondre à quelques questions de l’IRELP.

Enregistrement vidéo de l’entretien :

L’État, l’argent et les cultes de 1958 à 1987 – Contribution à l’histoire de la laïcité française

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samedi 25 janvier 2020

Conférence de l’IRELP :

L’État, l’argent et les cultes de 1958 à 1987
Contribution à l’histoire de la laïcité française

Jean-Pierre Moisset
maître de conférences HDR en histoire contemporaine à l’université Bordeaux Montaigne

« Entre 1958 et 1987, le droit français s’est enrichi de mesures favorables aux intérêts des cultes : exonérations fiscales, garantie publique des emprunts, etc. Quelle histoire se cache derrière ces nouvelles dispositions légales ? Comment la Ve République a-t-elle construit un cadre qui sert les intérêts des cultes tout en respectant l’interdiction de leur financement public posée en 1905 ? Le présent ouvrage montre que des responsables catholiques ont su trouver une oreille attentive auprès de décideurs politiques appartenant aux différentes familles de la droite. Dans les années 1960, leurs demandes visaient à abaisser le coût de construction des églises. Au c½ur des années 1970, l’enjeu était l’intégration à moindres frais des prêtres, religieux et religieuses à la Sécurité sociale. Une décennie plus tard, il s’agissait de relancer le denier du culte en autorisant sa déductibilité fiscale. Chemin faisant, le rapprochement de l’État et des religions organisé par la loi Debré (1959) sur le terrain scolaire a été complété sur le plan cultuel par une série de dispositifs qui restent d’actualité » Présentation de l’ouvrage par l’éditeur.

samedi 25 janvier 2020 à 14h00

ANNEXE TURBIGO de la Bourse du Travail
(Salle Léon Jouhaux)

67 rue Turbigo 75003 Paris
(M° République ou Temple)

La Libre Pensée à reçu l’IRELP sur France Culture, le 8 décembre 2019

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Christophe Bitaud : Bonjour. Ma première question sera : qu’est ce que l’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensé ? Pourquoi a-t-il été crée et quelle est sa fonction ?

Jean-Marc Schiappa : Trois brèves questions qui pourraient nécessiter de longues réponses donc je vais essayer d’aller à l’essentiel. L’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensée, IRELP, a été fondé il y a 20 ans et quelques jours, d’ailleurs nous clôturons les activités liées au 20ème anniversaire, sur la base d’un constat cruel mais réel qui est que la plus vieille association de ce pays, la Libre Pensée, dont les premiers cercles organisés remontent au printemps 1848, n’avait pas d’institut approprié. A partir de là, un certain nombre de personnes, dont j’étais déjà, a créé cet institut qui essaye tant bien que mal de fonctionner, de faire vivre et qui a un certain nombre de cordes à son arc.

C.B. : Que peut-on trouver à l’IRELP dans vos archives ?

JM.S. : Oh, c’est un peu comme à la Samaritaine, on peut à peu près trouver de tous. Disons que nous avons une bibliothèque considérable 8 000 ouvrages qui sont pour l’essentiel, mais pas uniquement, relatifs à tous nos champs de compétences on va dire : l’humanisme, l’anticléricalisme, la laïcité, l’histoire, la Franc-Maçonnerie, la théologie. Nous avons des collections importantes de revues chrétiennes de différents pays. Nous avons dans cette bibliothèque des ouvrages, il faut le dire non sans une certaine fierté, que la Bibliothèque Nationale de France ne possède pas. Ça, c’est incontestablement l’un de nos trésors !

La deuxième catégorie de nos possessions, ce sont les archives que nous conservons dans la cave de l’IRELP. Comme je l’ai dit, nous avons été fondés il y a 20 ans et nous avions ce travail de reconquête, de réappropriation de toute l’histoire de la Libre Pensée. Surtout de ces documents qui étaient particulièrement dispersés. Nous avons donc les archives, probablement les plus importantes au monde, relatives à la Libre Pensée. Par exemple, c’est quelque chose que nous montrons toujours à nos visiteurs, en 1940 lorsque les Nazis ont occupé la France ils ont saisi les archives de la LP de la Charente et de la Charente-Maritime, qu’ils ont emmenées au siège de la Gestapo à Berlin. En 1945, quand l’armée russe a pris Berlin, les archives de la Gestapo sont allées à Moscou et au moment de la chute du mur de Berlin et surtout de l’explosion de l’URSS, les archives saisies ont été restituées et nous avons récupéré les archives de Charente et Charente-Maritime d’avant 1940 ! Il est triste à dire que ce sont les archives les mieux conservées de tous ce que nous avons parce que notre travail d’acquisition, de réacquisition d’archives libres penseuses en France et dans le monde est particulièrement important. Continuer la lecture de « La Libre Pensée à reçu l’IRELP sur France Culture, le 8 décembre 2019 »

Histoire de la Libre Pensée

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HISTOIRE DE LA LIBRE PENSEE

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Présentation

 

 

 

Présentation

 

Nous présentons ici au lecteur une Histoire de la Libre Pensée, qui clôt les activités liées au XXe anniversaire de l’IRELP.
C’est un ouvrage collectif, composé d’études, de documents anciens et d’études contemporaines. Parfois, nous nous sommes appuyés – et cela est bien normal – sur nos productions déjà existantes, souvent en les actualisant.
Les auteurs sont des militants ; c’est un ouvrage militant.
C’est un outil pour les Libres Penseurs, mais pas seulement pour eux, afin de connaître et faire connaître la plus vieille association de ce pays. Cette somme permet d’étudier, en quelque sorte de l’intérieur, la Libre Pensée ; nous ne sommes pas neutres, nous sommes des participants de cette histoire.
Pour autant, nous prétendons à l’honnêteté intellectuelle sans laquelle tout combat politique n’est qu’une indignité.
Cet ouvrage ne comporte ni notes ni bibliographie parce qu’il se veut une source première et nous mettons au défi quiconque de nous prendre en défaut sur un fait historique. Voilà pourquoi nous assumons hautement notre libre interprétation des faits, qui est une interprétation militante justifiée et amplifiée par une scrupuleuse rectitude historique.
C’est ce qui nous a amenés à signer collectivement l’ouvrage « IRELP » sans, bien évidemment, nier les apports individuels des auteurs particuliers qui sont tous nommés et qui ont mêlé leurs voix particulières dans le chœur récitant et multiple de cette aventure humaine.
S’il y a homogénéité dans le but poursuivi, il ne peut y avoir uniformité de pensée ni identité dans le style qui est, heureusement, propre à chacun. On découvrira immanquablement des répétitions même si nous avons cherché à les limiter ; à tout coup, on relèvera des contradictions qui sont celles de la vie même. « Je fais partie de l’opposition qui s’appelle la vie » écrivait Balzac ; les auteurs ne partagent pas, sur tout, le même point de vue et c’est une chance : au lecteur de se faire son propre point de vue. Nous ne pouvons nous appeler « La Libre Pensée » et imposer une pensée…
Nous avons adopté pour cet ouvrage la graphie « Libres Penseurs », « Libre Pensée », « Libre Penseur » mais elle ne peut être une norme. Elle est simplement une commodité du moment.
Un mot sur l’histoire de la Libre Pensée en France, quand même.
La Libre Pensée a souvent failli périr ; après 1905, en 1918, en 1940, en 1963, en 1982, en 1995, pour ne prendre que les moments les plus saillants.
Cela correspond toujours à des moments où la nature profonde de la Libre Pensée était en cause.
Elle n’est pas le bras armé d’un parti ou d’une coalition de partis.
Ce n’est pas seulement une organisation laïque, même si elle défend la laïcité.
Ce n’est pas seulement une organisation sociale, même si elle combat l’injustice sociale.
Ce n’est pas seulement une organisation démocratique, même si elle promeut la démocratie.
Ce n’est pas non plus une organisation athée ou d’athées, même si elle compte beaucoup d’athées.
Elle est tout cela et bien plus que cela.
Un communiqué récent écrit : « La Libre Pensée n’est pas cathophobe, judéophobe, islamophobe, etc. Elle ne tend pas le poing contre l’autre, elle tend la main à celle et à celui qui n’est qu’un autre soi-même. Elle défend le droit de tous et de chacun de penser ce qu’il veut et de l’exprimer. »
Être « je ne sais qui-phobe », c’est tourner le dos à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclamant l’égalité en droits. Une opinion différente ne donne pas un droit supplémentaire ou inférieur.
La Libre Pensée se réclame de la Charte de Rome de 1904 qui combat « toute croyance imposée ». Et qu’est ce qu’une croyance imposée ? C’est le cléricalisme, c’est la religion au pouvoir et, par définition, la religion veut le pouvoir. Quelle religion ne veut pas plus d’adeptes ? Quel est le moyen le plus sûr pour avoir plus d’adeptes sinon le pouvoir ?
La Libre Pensée est anti-dogmatique.
Chaque fois menacée, la Libre Pensée a trouvé en son sein, ou, plus exactement, dans sa nature même, les ressources propres à surmonter cette menace : parce que la Libre Pensée est anti-dogmatique avant toute chose et qu’elle réveille en permanence la vie contre la glaciation de la pensée.
C’est ce que veut rappeler cet ouvrage de l’IRELP.

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Les 3 Vies du Chevalier – DVD ami

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Communiqué du 5 Décembre 2017
Les 3 Vies du Chevalier·samedi 18 novembre 2017

Le documentaire du réalisateur Dominique Dattola sort enfin en DVD le 5 décembre 2017 chez Arcadès. (VF sous-titrée en Anglais / accompagné d’un livret pédagogique).
Ce film est placé sous le haut patronage de la Commission Nationale Française pour l’Unesco et de la ville de Genève. C’est un des rares films de référence sur l’histoire de la laïcité. Il a reçu le prix de l’initiative laïque aux Rendez vous de l’Histoire de Blois en 2013 décerné par La MAIF, la MGEM et la CASDEN.
Le documentaire est sorti en salles en France le 23 avril 2014. Après la Belgique et le Québec, il a été sélectionné par l’Ambassade de France pour clore le Congrès International « Islam et Laïcité » à Singapour en 2016, organisé par Sciences-Po Paris & la National University of Singapore.
Pour appuyer cette sortie nationale en librairies (y compris FNAC, Amazon, enseignes culturelles et musées…), une projection-débat événement est organisée au nouveau Méliès de Montreuil sous bois, le 7 décembre 2017 à 20h30 en présence du réalisateur et de Jean-Marc Schiappa, président de l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée.
Pour de plus amples renseignements et le programme des autres projections, visitez le site des acteurs et de l’équipe du film .