Quand l’Histoire nous aide à avancer

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Hostile à toute forme de dogmatisme, fondée sur la méthode du libre examen et éloignée de l’esprit de secte si répandu, la Libre Pensée prend sa source dans la lointaine Grèce ancienne, émerge comme association en 1847, à la veille de la Révolution de 1848 qui inaugure le Printemps des peuples en Europe, et surmonte, tout au long de son histoire, plusieurs crises qui auraient pu être lui être fatales, à la suite des coups meurtriers que lui assènent ses ennemis tant extérieurs, comme en 1940, qu’intérieurs, comme à de nombreuses reprises depuis le début du XXe siècle. Recrue d’ans et d’épreuves, elle demeure néanmoins d’une jeunesse éblouissante et d’une vitalité étonnante. Continuer la lecture de « Quand l’Histoire nous aide à avancer »

Tournage d’un documentaire sur Madeleine Pelletier

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Interview à propos de Madeleine Pelletier

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis chargée de production dans l’audiovisuel et je travaille en collaboration avec des réalisateurs de documentaires depuis un certain nombre d’années.

L’histoire du documentaire sur lequel je travaille actuellement, c’est celle d’un coup de foudre pour une femme extraordinaire que j’ai découverte il y a de cela maintenant quatre ans grâce à la lecture d’un article de presse. Madeleine Pelletier (1874-1939), petite fille misérable devenue première femme interne en psychiatrie par la seule force de sa volonté, autodidacte, militante politique de gauche, féministe « intégrale », pionnière du droit à l’avortement. La lecture de cet article a été un déclic, le point de départ de mes toutes premières recherches. À partir de là, plus j’en apprenais sur Madeleine Pelletier, plus j’avais envie d’en savoir sur elle. J’ai acheté mes premiers livres, compulsé tout ce que je trouvais sur internet

Alors pourquoi ne pas me lancer à mon tour ? Tout naturellement, l’idée de lui consacrer un documentaire est née et j’ai commencé à écrire mon sujet. Un peu plus tard, j’ai fait la connaissance de Christine Bard, historienne spécialiste de l’histoire des femmes, à qui j’ai parlé de mon projet. Son adhésion immédiate m’a confortée dans l’idée que ce documentaire était fédérateur. Et puis il y a eu mon amie Laurence qui m’a fait un magnifique cadeau en acceptant d’incarner Madeleine Pelletier à l’image.

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 » Une mémoire algérienne « , un nouveau livre de Benjamin Stora

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Une Mémoire algérienne
Benjamin Stora

Nous vous recommandons vivement la lecture de la somme publiée par Robert Laffont dans la collection « Bouquins » sous le titre « Mémoire algérienne » de Benjamin Stora.

L’auteur a été Professeur des universités et Président du Musée national de l’histoire de l’immigration.

Le titre du recueil est des plus judicieux car Benjamin Stora est connu et reconnu comme le spécialiste incontournable de l’histoire algérienne, notamment de cette triple guerre : une guerre coloniale livrée par la France, une guerre nation

aliste menée par les indépendantistes 

algériens, et une guerre civile entre Algériens, et entre Français, du fait de la forte présence démographique et sociale de ces derniers sur le territoire algérien qui s’enchevêtre, se superpose et se confond mais qu’il est nécessaire de comprendre dans la nuance et le détail, ce qui est le cas.

Il y a unité du sujet qui est l’histoire algérienne avant et après 1954 mais une des forces de l’ensemble est que les différents points de vue sont examinés avec la rigueur de l’historien sans que l’humanité indispensable à la rédaction (donc à la lecture) y perde.

Au moment où le peuple algérien, une fois de plus, écrit l’Histoire, cet ouvrage est des plus utiles : les textes écrits dans le passé s’inscrivent dans une continuité et dans une réflexion à long terme. Ils ne sont pas écrits dans l’urgence et la parution de l’ensemble ajoute encore à l’étude nécessaire de ce millier de pages.

Ajoutons et cela a son importance, pour lui comme pour nous, que Benjamin Stora partage les valeurs et les combats de la Libre Pensée et de ses animateurs.

A lire et à faire lire.

Christian Eyschen, Secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée.
Jean-Marc Schiappa, Président de l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée.

 » Poser les mauvaises questions pour éviter les bonnes réponses  » – un article publié par Mediapart

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avec l’autorisation de P. Boniface (Mediapart)

Caroline Fourest vient de sortir un nouveau livre, Génération offensée, dont elle doit espérer qu’il la remette du flop monumental – malgré un budget hors-norme et une promotion hollywoodienne – de son film Sœurs d’armes.

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In memoriam Jean-Claude Pecker (10 mai 1923 – 20 février 2020)

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Notre ami et camarade, car il a toujours été un vrai camarade au sens plein du terme, comme le disait Sébastien Faure dans l’Encyclopédie anarchiste : « Il y a de bons camarades, d’excellents cœurs, qui répondent : « Présents ! » chaque fois qu’il le faut. Ils sont rares, ils ne courent pas les rues, mais enfin on en trouve. Ceux-là méritent d’être aimés. Un bon camarade est aussi rare qu’un véritable ami. Que dis-je, n’est-ce pas le « type » même du véritable ami ?

Un bon camarade vous éclaire sur vos défauts comme sur vos qualités. Il est le conseiller, le guide, ne cherchant à imposer ni ses conseils, ni sa manière de voir, mais seulement à vous être utile. Un bon camarade ne vous trahit point. Il agit avec le plus pur désintéressement. Il est sincère, et loyal. Il vous regarde en face et vous tend la main sans arrière-pensée. Il ne vous abandonne jamais aux heures difficiles. Il est là, tout près, qui vous soutient, moralement et physiquement. Il sait les paroles qu’il faut prononcer, les actes qu’il faut accomplir, sans bruit, sans ostentation. Il se donne selon ses moyens, selon ses forces, mais il se donne entièrement. Le peu qu’il fait, c’est beaucoup. Il nous défend si on nous attaque. Quand vous en rencontrez un sur votre route, dites-vous bien que vous avez trouvé un trésor. »

Cette définition correspond en tous points à cet honnête homme, si bon, si loyal, si droit, toujours plein d’empathie pour les autres. Comme on dit dans nos milieux militants, c’était quelqu’un de bien.

J’ai connu Jean-Claude quand nous avons constitué le Centre de Liaison et d’Initiative Laïque qui allait organiser avec succès la grande manifestation de décembre 1995, en pleine grève générale contre le plan Juppé, pour le 90e anniversaire de la loi de 1905. Les réunions avec lui, Etienne Pion, Pierre Lambert et Alexandre Hébert n’étaient pas souvent d’un calme repos. Jean-Claude agissait toujours avec tact et mesure pour mettre tout le monde d’accord, et ce n’était pas toujours simple.

Nous avions décidé cette manifestation lors d’un banquet du vendredi-dit-saint à la Mutualité, où à la même table se côtoyaient Pierre Lambert, Etienne Pion et nos amies du Planning familial. Et Jean- Claude nous a un peu raconté sa vie militante. Il était membre de la IVe Internationale tout jeune et avait voulu combattre dans les Brigades internationales. Vu son jeune âge, cela lui avait été refusé, il a donc été brancardier sur le front contre les franquistes.

Et puis il y a eu la guerre, la Libération, toujours trotskyste et fidèle au poste. À ce repas, il revoyait Pierre Lambert pour la première fois depuis longtemps. Le courant s’est renoué et la sympathie était profondément réciproque.

Après la Libération, il s’est consacré à sa carrière scientifique d’astrophysicien, où il est devenu une sommité et une référence. Il a fait partie de la délégation officielle française à l’UNESCO, ce n’était pas rien. Quand l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU) voulut être représentée comme ONG à l’UNESCO, Jean-Claude décida de quitter la délégation gouvernementale pour se fondre dans la masse et y représenter l’IHEU. Un tel comportement militant, ce n’est pas si courant. D’autres ont toujours préférés les ors.

Quand la Fédération nationale de la Libre pensée a rejoint l’IHEU en 2000, grâce à notre ami Babu, Jean-Claude était un laïque heureux et il nous a beaucoup aidés dans nos actions. Il a toujours été de tous nos combats, signataire de tous nos appels, en première ligne toujours pour défendre la laïcité. Il a toujours été à nos côtés.

Il avait un grand humour et les yeux rieurs d’un jeune homme. Il souriait quand il disait qu’il habitait l’Ile d’Yeu (comme Pétain).

La Libre Pensée perd un grand ami, la classe ouvrière un grand soutien, et la cause laïque un grand militant. C’est très respectueusement que les libres penseurs honoreront à tout jamais Jean-Claude Pecker. La Libre Pensée adresse sa plus fraternelle solidarité à tous les siens.

Salut et Fraternité !

Christian Eyschen

Colloque « Littérature et Libre Pensée » : un succès !

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Les 14 et 15 février 2020, se sont tenues,à la Bourse du Travail à Paris puis dans le Salon Médicis du Sénat, à l’initiative de l’Association Octave Mirbeau et de la Libre Pensée, deuc journées de colloque passionnantes.

De l’avis des intervenants et de tous les participants, ce premier colloque devra être suivi par beaucoup d’autres, tant le sujet est vaste et passionnant.

Les Actes seront disponibles au cour de la fin du troisième trimestre 2020.

 

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 » Nous dénonçons une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation « 

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Communiqué

L’IRELP (Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée) s’associe à la  protestation des historiens ci-dessous, qu’il porte à la connaissance de ses adhérents et correspondants. L’IRELP s’inquiète des limitations portées de fait à la  recherche historique qui ne peut être que libre et, en rien dépendante des décisions étatiques.

Nous demandons, avec les historiens signataires, l’application du code du patrimoine et de la loi sur les archives de 2008, et donc l’accès immédiat et sans réserve à ces archives publiques à l’issue des délais légaux.

Pour l’IRELP,

Jean-Marc Schiappa, Président.

Paris le 13 février 2020

 

Nous dénonçons une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation

La décision de déclassifier un par un les documents postérieurs à 1940 portant le tampon « secret », dont la plupart étaient pourtant accessibles à tous depuis longtemps, porte atteinte à l’accès aux sources et bloque des recherches en cours, alerte un collectif d’historiens, qui en appelle au code du patrimoine

Faut-il encore s’inquiéter de l’accessibilité au public des plans du débarquement du 6 juin 1944, soixante-quinze ans après la seconde guerre mondiale, lesquels portent un tampon « secret » ? Protéger des informations secrètes est essentiel. Qui en douterait ? A condition toutefois que ces informations soient réellement sensibles et qu’elles constituent toujours un secret-défense. Quand il n’y a plus de secret, il ne devrait plus rien y avoir à protéger.

Pourtant, le service historique de la défense annonce la nécessité d’une « déclassification » formelle de tous les documents portant les fameux tampons « secret » depuis 1940. Pièce par pièce. Cette mesure provoque déjà une paralysie du service. Elle entraîne des délais de communication très longs, voire l’impossibilité d’accéder à des archives pourtant communicables de plein droit selon le code du patrimoine. En effet, les archives dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale, aux intérêts fondamentaux de l’Etat dans la conduite de la politique extérieure, à la sûreté de l’Etat, à la sécurité publique doivent être accessibles à tous après une échéance de cinquante ans.

Tout le paradoxe est là : des délais d’accessibilité existent pour ces documents et ces délais sont aujourd’hui largement échus pour la majeure partie des documents produits avant 1970. Mais on évoque une instruction générale interministérielle de 2011 pour justifier une nécessaire « déclassification » formelle des documents secrets avant toute communication aux lecteurs. Pourquoi cette soudaine volonté de déclassifier des documents considérés jusqu’à il y a peu comme accessibles à tous ? Pourquoi prendre le risque d’entraver gravement les recherches historiques ?

Au-delà du service historique de la défense, où la tâche est particulièrement titanesque compte tenu de la nature des archives qui y sont conservées, cette nouvelle mesure concerne toutes les archives publiques. Ce sont plusieurs centaines de milliers de documents et des dizaines de kilomètres linéaires de papiers qui doivent être regardés un à un au nom de cette application abusive, et partant dangereuse, du principe de protection du secret de la défense nationale exigée par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.

Une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation sous le prétexte abusif de la nécessité de protection du secret de la défense est en cours.

Acteurs et actrices de la recherche en histoire, nous dénonçons la mise en œuvre de cette mesure sans qu’aient été expliquées et débattues publiquement ses motivations et ses modalités et, au-delà, sans qu’aient été mises en place les conditions techniques permettant de garantir dès à présent la continuité et la pérennité de l’accès aux archives publiques.

Communicable de plein droit

Depuis la Révolution française, la République garantit aux citoyens un accès aux papiers de l’Etat, accès qui est considéré comme une protection indispensable contre l’arbitraire, et le code du patrimoine stipule que les archives publiques sont communicables de plein droit, sous réserve de délais de communicabilité pour certaines d’entre elles. Cette dérogation au principe d’une publicité universelle et immédiate de l’action publique vise autant à protéger la vie privée des individus qu’à garantir l’efficacité et la sûreté de l’Etat. Elle garantit à la fois la sécurité et la liberté des citoyens. Cet équilibre doit être assuré par une limitation dans le temps des restrictions de communicabilité.

Aujourd’hui, toute personne qui divulguerait des informations contenues dans des archives tamponnées « secret-défense » sans déclassification préalable s’expose à des poursuites pénales pour compromission du secret de la défense nationale. Or certains de ces documents ont été massivement communiqués depuis des années, voire des décennies. Les livres d’histoire sur la seconde guerre mondiale et les guerres de décolonisation les citent abondamment et les reproduisent parfois. En tirant le fil jusqu’à l’absurde, tous leurs auteurs s’exposent à des poursuites, de même que les responsables de fonds qui leur ont communiqué ces documents de toute bonne foi.

Quelles que soient les motivations à l’origine de ces nouvelles consignes, elles placent les archivistes dans une situation impossible. Elles menacent le patrimoine de la nation. Des documents déjà anciens risquent d’être endommagés, peut-être irrémédiablement, par l’opération concrète de déclassification, que ce soit à cause du tampon, des encres ou de l’inscription.

Au-delà de la dimension patrimoniale, ces mesures portent un coup d’arrêt brutal à la recherche sur des sujets essentiels pour la connaissance historique et le débat public dans notre démocratie. Les archives ayant été, à un moment de leur vie, classifiées ne concernent pas que l’histoire militaire : elles permettent d’écrire l’histoire de la nation. Dans les mois à venir, et si rien n’est fait pour débloquer la situation, il sera de facto impossible de travailler sur nombre de sujets portant sur l’histoire de France depuis 1940.

Travail politique mémoriel

Pour faire face à la désorganisation, le ministère des armées annonçait, le 11 février, dans la précipitation, des « moyens supplémentaires ». Quand seront-ils déployés ? Comment ? Rien n’est dit à ce sujet. Le blocage est d’ores et déjà effectif : des recherches sont désormais en attente, faute d’accès aux sources. Force est de constater que certains travaux majeurs sur l’histoire de la France contemporaine publiés ces dernières années ne pourraient plus être écrits aujourd’hui par des historiens travaillant aux archives françaises.

Faut-il en revenir à ce qui prévalait lorsque l’historien américain Robert Paxton, au début des années 1970, a dévoilé l’ampleur de la politique de collaboration menée par Vichy… à partir des archives allemandes car les archives françaises étaient fermées ?

Depuis le grand discours de Jacques Chirac de 1995 sur la rafle du Vel’ d’Hiv, les présidents de la République affirment régulièrement la nécessité de faire toute la transparence sur le passé de la France, même le plus délicat, et de réconcilier les mémoires des Français. En janvier, le président Macron a exprimé son souhait que les archives de la guerre d’Algérie ne soient plus réservées aux seuls historiens, afin qu’un « travail politique mémoriel » puisse être entrepris. Contre cette volonté d’ouverture et de transparence présidentielle affirmée depuis un quart de siècle par des gestes concrets (dérogations générales de 1998 et 2015 sur les fonds de la seconde guerre mondiale, par exemple), cette pratique, qui vise à contrôler voire à refermer des documents historiques déjà archivés, apparaît comme une régression majeure.

Au moment même où commencent les commémorations de l’année de Gaulle, dont celle du 80e anniversaire de l’appel du 18 juin, la fermeture de fait pour une durée indéterminée des archives classifiées postérieures à 1940 a de quoi surprendre. De la même manière, alors que le président s’apprête à rendre hommage à l’engagement militaire des harkis, et tandis que se profilent les soixantièmes anniversaires du putsch d’avril 1961 et de la fin de la guerre d’Algérie, l’écriture de cette histoire, pourtant essentielle à la compréhension des enjeux contemporains, est largement compromise. Il est vain de prôner un quelconque devoir de mémoire si l’impératif d’histoire ne peut concrètement être rempli.

Rappelons-le : ces archives ont, pour l’essentiel, déjà été communiquées. Il n’y a donc plus de secret. Et s’il en reste, il est temps, cinquante ans au moins après les faits, de lever le voile dans le cadre fixé par la loi. Par conséquent, nous demandons l’application du code du patrimoine et de la loi sur les archives de 2008, et donc l’accès immédiat et sans réserve à ces archives publiques à l’issue des délais légaux.

Marc-Olivier Baruch, directeur d’études, EHESS ; Jean-Marc Berlière, professeur des universités émérite, université de Bourgogne ; Emmanuel Blanchard, maître de conférences, université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines ; Raphaëlle Branche, professeure des universités, université Paris-Nanterre ; Pierre Journoud, professeur des universités, université Montpellier-3 ; Julie Le Gac, maîtresse de conférences, université Paris-Nanterre ; Chantal Metzger, professeure des universités émérite, université de Lorraine ; Denis Peschanski, directeur de recherche, CNRS ; Henry Rousso, directeur de recherche, CNRS ; Anne Simonin, directrice de recherche, CNRS, EHESS ; Fabrice Virgili, directeur de recherche, CNRS, université Paris-I-Panthéon- Sorbonne ; Olivier Wieviorka, professeur des universités, ENS Paris-Saclay

Nous, historiens et historiennes de la France contemporaine depuis des décennies, sommes consternés par les conséquences néfastes de l’instruction générale interministérielle de 2011 (IGI 1 300). Nous avons salué la volonté du président Macron d’ouvrir les archives touchant à la disparition de Maurice Audin et plus largement aux disparus de la guerre d’Algérie. Nous sommes d’autant plus surpris qu’au même moment l’application de cette instruction introduise un régime plus restrictif que celui qui prévalait antérieurement et notamment depuis la loi de 2008.

Une situation digne de Kafka

Des documents que nous avons déjà exploités, même publiés, dans nos ouvrages, pourraient se trouver désormais fermés aux chercheurs. Il est déjà arrivé à quelques-uns parmi nous de se voir refuser l’accès à des documents consultés il y a des dizaines d’années ! C’est une situation digne de Kakfa. Les travaux que nous avons effectués ne seraient plus possibles à mener dans les archives françaises.

Cette restriction qui, au mieux, ralentit de plusieurs mois ou années les travaux, et, au pire, les rend impossibles, représente une atteinte très sérieuse à la réputation internationale de la France dans le domaine de la recherche historique.

Les signataires de cet appel expriment donc leur vive inquiétude et demandent au président de la République de faire réexaminer cette instruction et ses modalités d’application, en conformité avec ses déclarations relatives à l’ouverture des archives.

Helga E. Bories-Sawala(université de Brême, Allemagne) ; Hanna Diamond(université de Cardiff, Royaume-Uni) ;Valeria Galimi(université de Florence, Italie) ;Robert Gildea(université d’Oxford, Royaume-Uni) ;James House(université de Leeds, Royaume-Uni) ; Julian Jackson(université Queen Mary de Londres, Royaume-Uni) ;Eric Jennings(université de Toronto, Canada) ;Harry Roderick Kedward (université du Sussex, Royaume-Uni) ;Robert O. Paxton (université Columbia, New York, Etats-Unis) ; Renée Poznanski(université Ben-Gourion, Israël) ; Mary Louise Roberts(université du Wisconsin, Etats-Unis) ;Martin Thomas(université d’Exeter, Royaume-Uni)

Intervention prévue au Congrès de Valparaiso, août 2019, Elbio Laxalte Terra

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Elbio Laxalte Terra est un des porte-parole de l’AILP ; militant uruguayen, exilé sous le régime militaire, il a vécu sept ans en France. Humaniste et internationaliste, il est, notamment, à l’origine de la Journée internationale de la Libre Pensée du 20 septembre, en hommage à Garibaldi. Il est un des initiateurs de l’appel international au travail de recherche historique sur la Libre Pensée

Chers amis, chères amies,

Tout d’abord, permettez-moi , en tant que directeur et porte parole de l’AILP, de vous faire part de ma joie de me trouver ici, près de vous, partageant l’idéal de la liberté, déclinant nos réflexions et projetant notre idéal vers le futur. Mes chers camarades de l’AILP viennent de prendre la parole au nom de notre Association.

Toutefois, c’est dans le cadre de cette projection vers l’avenir que je tiens à vous informer d’une importante initiative prise très récemment, le samedi 22 juin, à Paris, par l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée.

Cliquer ici pour lire le texte complet de l’intervention d’Elbio Laxalte Terra

Entretien avec Mme Razika Adnani

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Mme Razika Adnani est une écrivain, philosophe, islamologue reconnue. Elle est membre du Conseil d’Orientation de la Fondation de l’Islam de France, membre du Conseil Scientifique du Centre Civique d’Étude du Fait Religieux (CCEFR).

Quelques citations, extraites de ses travaux, sont mises en exergue sur son site web  ; il ne peut y avoir de meilleure présentation que de citer l’une d’entre elles :

 » La laïcisation de l’état comporte et permet la laïcisation de la pensée. C’est l’objectif réel de la laïcité : libérer la politique pour libérer la pensée.  »

Elle est l’auteur de nombreux ouvrages dont Islam : quel problème ? Les défis de la réforme paru en 2017. Spécialiste incontestée de la question, elle a bien voulu répondre à quelques questions de l’IRELP.

Enregistrement vidéo de l’entretien :

L’État, l’argent et les cultes de 1958 à 1987 – Contribution à l’histoire de la laïcité française

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samedi 25 janvier 2020

Conférence de l’IRELP :

L’État, l’argent et les cultes de 1958 à 1987
Contribution à l’histoire de la laïcité française

Jean-Pierre Moisset
maître de conférences HDR en histoire contemporaine à l’université Bordeaux Montaigne

« Entre 1958 et 1987, le droit français s’est enrichi de mesures favorables aux intérêts des cultes : exonérations fiscales, garantie publique des emprunts, etc. Quelle histoire se cache derrière ces nouvelles dispositions légales ? Comment la Ve République a-t-elle construit un cadre qui sert les intérêts des cultes tout en respectant l’interdiction de leur financement public posée en 1905 ? Le présent ouvrage montre que des responsables catholiques ont su trouver une oreille attentive auprès de décideurs politiques appartenant aux différentes familles de la droite. Dans les années 1960, leurs demandes visaient à abaisser le coût de construction des églises. Au c½ur des années 1970, l’enjeu était l’intégration à moindres frais des prêtres, religieux et religieuses à la Sécurité sociale. Une décennie plus tard, il s’agissait de relancer le denier du culte en autorisant sa déductibilité fiscale. Chemin faisant, le rapprochement de l’État et des religions organisé par la loi Debré (1959) sur le terrain scolaire a été complété sur le plan cultuel par une série de dispositifs qui restent d’actualité » Présentation de l’ouvrage par l’éditeur.

samedi 25 janvier 2020 à 14h00

ANNEXE TURBIGO de la Bourse du Travail
(Salle Léon Jouhaux)

67 rue Turbigo 75003 Paris
(M° République ou Temple)

La Libre Pensée à reçu l’IRELP sur France Culture, le 8 décembre 2019

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Christophe Bitaud : Bonjour. Ma première question sera : qu’est ce que l’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensé ? Pourquoi a-t-il été crée et quelle est sa fonction ?

Jean-Marc Schiappa : Trois brèves questions qui pourraient nécessiter de longues réponses donc je vais essayer d’aller à l’essentiel. L’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensée, IRELP, a été fondé il y a 20 ans et quelques jours, d’ailleurs nous clôturons les activités liées au 20ème anniversaire, sur la base d’un constat cruel mais réel qui est que la plus vieille association de ce pays, la Libre Pensée, dont les premiers cercles organisés remontent au printemps 1848, n’avait pas d’institut approprié. A partir de là, un certain nombre de personnes, dont j’étais déjà, a créé cet institut qui essaye tant bien que mal de fonctionner, de faire vivre et qui a un certain nombre de cordes à son arc.

C.B. : Que peut-on trouver à l’IRELP dans vos archives ?

JM.S. : Oh, c’est un peu comme à la Samaritaine, on peut à peu près trouver de tous. Disons que nous avons une bibliothèque considérable 8 000 ouvrages qui sont pour l’essentiel, mais pas uniquement, relatifs à tous nos champs de compétences on va dire : l’humanisme, l’anticléricalisme, la laïcité, l’histoire, la Franc-Maçonnerie, la théologie. Nous avons des collections importantes de revues chrétiennes de différents pays. Nous avons dans cette bibliothèque des ouvrages, il faut le dire non sans une certaine fierté, que la Bibliothèque Nationale de France ne possède pas. Ça, c’est incontestablement l’un de nos trésors !

La deuxième catégorie de nos possessions, ce sont les archives que nous conservons dans la cave de l’IRELP. Comme je l’ai dit, nous avons été fondés il y a 20 ans et nous avions ce travail de reconquête, de réappropriation de toute l’histoire de la Libre Pensée. Surtout de ces documents qui étaient particulièrement dispersés. Nous avons donc les archives, probablement les plus importantes au monde, relatives à la Libre Pensée. Par exemple, c’est quelque chose que nous montrons toujours à nos visiteurs, en 1940 lorsque les Nazis ont occupé la France ils ont saisi les archives de la LP de la Charente et de la Charente-Maritime, qu’ils ont emmenées au siège de la Gestapo à Berlin. En 1945, quand l’armée russe a pris Berlin, les archives de la Gestapo sont allées à Moscou et au moment de la chute du mur de Berlin et surtout de l’explosion de l’URSS, les archives saisies ont été restituées et nous avons récupéré les archives de Charente et Charente-Maritime d’avant 1940 ! Il est triste à dire que ce sont les archives les mieux conservées de tous ce que nous avons parce que notre travail d’acquisition, de réacquisition d’archives libres penseuses en France et dans le monde est particulièrement important. Continuer la lecture de « La Libre Pensée à reçu l’IRELP sur France Culture, le 8 décembre 2019 »

Histoire de la Libre Pensée

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HISTOIRE DE LA LIBRE PENSEE

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Présentation

 

 

 

Présentation

 

Nous présentons ici au lecteur une Histoire de la Libre Pensée, qui clôt les activités liées au XXe anniversaire de l’IRELP.
C’est un ouvrage collectif, composé d’études, de documents anciens et d’études contemporaines. Parfois, nous nous sommes appuyés – et cela est bien normal – sur nos productions déjà existantes, souvent en les actualisant.
Les auteurs sont des militants ; c’est un ouvrage militant.
C’est un outil pour les Libres Penseurs, mais pas seulement pour eux, afin de connaître et faire connaître la plus vieille association de ce pays. Cette somme permet d’étudier, en quelque sorte de l’intérieur, la Libre Pensée ; nous ne sommes pas neutres, nous sommes des participants de cette histoire.
Pour autant, nous prétendons à l’honnêteté intellectuelle sans laquelle tout combat politique n’est qu’une indignité.
Cet ouvrage ne comporte ni notes ni bibliographie parce qu’il se veut une source première et nous mettons au défi quiconque de nous prendre en défaut sur un fait historique. Voilà pourquoi nous assumons hautement notre libre interprétation des faits, qui est une interprétation militante justifiée et amplifiée par une scrupuleuse rectitude historique.
C’est ce qui nous a amenés à signer collectivement l’ouvrage « IRELP » sans, bien évidemment, nier les apports individuels des auteurs particuliers qui sont tous nommés et qui ont mêlé leurs voix particulières dans le chœur récitant et multiple de cette aventure humaine.
S’il y a homogénéité dans le but poursuivi, il ne peut y avoir uniformité de pensée ni identité dans le style qui est, heureusement, propre à chacun. On découvrira immanquablement des répétitions même si nous avons cherché à les limiter ; à tout coup, on relèvera des contradictions qui sont celles de la vie même. « Je fais partie de l’opposition qui s’appelle la vie » écrivait Balzac ; les auteurs ne partagent pas, sur tout, le même point de vue et c’est une chance : au lecteur de se faire son propre point de vue. Nous ne pouvons nous appeler « La Libre Pensée » et imposer une pensée…
Nous avons adopté pour cet ouvrage la graphie « Libres Penseurs », « Libre Pensée », « Libre Penseur » mais elle ne peut être une norme. Elle est simplement une commodité du moment.
Un mot sur l’histoire de la Libre Pensée en France, quand même.
La Libre Pensée a souvent failli périr ; après 1905, en 1918, en 1940, en 1963, en 1982, en 1995, pour ne prendre que les moments les plus saillants.
Cela correspond toujours à des moments où la nature profonde de la Libre Pensée était en cause.
Elle n’est pas le bras armé d’un parti ou d’une coalition de partis.
Ce n’est pas seulement une organisation laïque, même si elle défend la laïcité.
Ce n’est pas seulement une organisation sociale, même si elle combat l’injustice sociale.
Ce n’est pas seulement une organisation démocratique, même si elle promeut la démocratie.
Ce n’est pas non plus une organisation athée ou d’athées, même si elle compte beaucoup d’athées.
Elle est tout cela et bien plus que cela.
Un communiqué récent écrit : « La Libre Pensée n’est pas cathophobe, judéophobe, islamophobe, etc. Elle ne tend pas le poing contre l’autre, elle tend la main à celle et à celui qui n’est qu’un autre soi-même. Elle défend le droit de tous et de chacun de penser ce qu’il veut et de l’exprimer. »
Être « je ne sais qui-phobe », c’est tourner le dos à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclamant l’égalité en droits. Une opinion différente ne donne pas un droit supplémentaire ou inférieur.
La Libre Pensée se réclame de la Charte de Rome de 1904 qui combat « toute croyance imposée ». Et qu’est ce qu’une croyance imposée ? C’est le cléricalisme, c’est la religion au pouvoir et, par définition, la religion veut le pouvoir. Quelle religion ne veut pas plus d’adeptes ? Quel est le moyen le plus sûr pour avoir plus d’adeptes sinon le pouvoir ?
La Libre Pensée est anti-dogmatique.
Chaque fois menacée, la Libre Pensée a trouvé en son sein, ou, plus exactement, dans sa nature même, les ressources propres à surmonter cette menace : parce que la Libre Pensée est anti-dogmatique avant toute chose et qu’elle réveille en permanence la vie contre la glaciation de la pensée.
C’est ce que veut rappeler cet ouvrage de l’IRELP.

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