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Quand l’Histoire nous aide à avancer

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Hostile à toute forme de dogmatisme, fondée sur la méthode du libre examen et éloignée de l’esprit de secte si répandu, la Libre Pensée prend sa source dans la lointaine Grèce ancienne, émerge comme association en 1847, à la veille de la Révolution de 1848 qui inaugure le Printemps des peuples en Europe, et surmonte, tout au long de son histoire, plusieurs crises qui auraient pu être lui être fatales, à la suite des coups meurtriers que lui assènent ses ennemis tant extérieurs, comme en 1940, qu’intérieurs, comme à de nombreuses reprises depuis le début du XXe siècle. Recrue d’ans et d’épreuves, elle demeure néanmoins d’une jeunesse éblouissante et d’une vitalité étonnante. Continuer la lecture de « Quand l’Histoire nous aide à avancer »

Tournage d’un documentaire sur Madeleine Pelletier

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Interview à propos de Madeleine Pelletier

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis chargée de production dans l’audiovisuel et je travaille en collaboration avec des réalisateurs de documentaires depuis un certain nombre d’années.

L’histoire du documentaire sur lequel je travaille actuellement, c’est celle d’un coup de foudre pour une femme extraordinaire que j’ai découverte il y a de cela maintenant quatre ans grâce à la lecture d’un article de presse. Madeleine Pelletier (1874-1939), petite fille misérable devenue première femme interne en psychiatrie par la seule force de sa volonté, autodidacte, militante politique de gauche, féministe « intégrale », pionnière du droit à l’avortement. La lecture de cet article a été un déclic, le point de départ de mes toutes premières recherches. À partir de là, plus j’en apprenais sur Madeleine Pelletier, plus j’avais envie d’en savoir sur elle. J’ai acheté mes premiers livres, compulsé tout ce que je trouvais sur internet

Alors pourquoi ne pas me lancer à mon tour ? Tout naturellement, l’idée de lui consacrer un documentaire est née et j’ai commencé à écrire mon sujet. Un peu plus tard, j’ai fait la connaissance de Christine Bard, historienne spécialiste de l’histoire des femmes, à qui j’ai parlé de mon projet. Son adhésion immédiate m’a confortée dans l’idée que ce documentaire était fédérateur. Et puis il y a eu mon amie Laurence qui m’a fait un magnifique cadeau en acceptant d’incarner Madeleine Pelletier à l’image.

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 » Une mémoire algérienne « , un nouveau livre de Benjamin Stora

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Une Mémoire algérienne
Benjamin Stora

Nous vous recommandons vivement la lecture de la somme publiée par Robert Laffont dans la collection « Bouquins » sous le titre « Mémoire algérienne » de Benjamin Stora.

L’auteur a été Professeur des universités et Président du Musée national de l’histoire de l’immigration.

Le titre du recueil est des plus judicieux car Benjamin Stora est connu et reconnu comme le spécialiste incontournable de l’histoire algérienne, notamment de cette triple guerre : une guerre coloniale livrée par la France, une guerre nation

aliste menée par les indépendantistes 

algériens, et une guerre civile entre Algériens, et entre Français, du fait de la forte présence démographique et sociale de ces derniers sur le territoire algérien qui s’enchevêtre, se superpose et se confond mais qu’il est nécessaire de comprendre dans la nuance et le détail, ce qui est le cas.

Il y a unité du sujet qui est l’histoire algérienne avant et après 1954 mais une des forces de l’ensemble est que les différents points de vue sont examinés avec la rigueur de l’historien sans que l’humanité indispensable à la rédaction (donc à la lecture) y perde.

Au moment où le peuple algérien, une fois de plus, écrit l’Histoire, cet ouvrage est des plus utiles : les textes écrits dans le passé s’inscrivent dans une continuité et dans une réflexion à long terme. Ils ne sont pas écrits dans l’urgence et la parution de l’ensemble ajoute encore à l’étude nécessaire de ce millier de pages.

Ajoutons et cela a son importance, pour lui comme pour nous, que Benjamin Stora partage les valeurs et les combats de la Libre Pensée et de ses animateurs.

A lire et à faire lire.

Christian Eyschen, Secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée.
Jean-Marc Schiappa, Président de l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée.

 » Poser les mauvaises questions pour éviter les bonnes réponses  » – un article publié par Mediapart

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avec l’autorisation de P. Boniface (Mediapart)

Caroline Fourest vient de sortir un nouveau livre, Génération offensée, dont elle doit espérer qu’il la remette du flop monumental – malgré un budget hors-norme et une promotion hollywoodienne – de son film Sœurs d’armes.

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In memoriam Jean-Claude Pecker (10 mai 1923 – 20 février 2020)

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Notre ami et camarade, car il a toujours été un vrai camarade au sens plein du terme, comme le disait Sébastien Faure dans l’Encyclopédie anarchiste : « Il y a de bons camarades, d’excellents cœurs, qui répondent : « Présents ! » chaque fois qu’il le faut. Ils sont rares, ils ne courent pas les rues, mais enfin on en trouve. Ceux-là méritent d’être aimés. Un bon camarade est aussi rare qu’un véritable ami. Que dis-je, n’est-ce pas le « type » même du véritable ami ?

Un bon camarade vous éclaire sur vos défauts comme sur vos qualités. Il est le conseiller, le guide, ne cherchant à imposer ni ses conseils, ni sa manière de voir, mais seulement à vous être utile. Un bon camarade ne vous trahit point. Il agit avec le plus pur désintéressement. Il est sincère, et loyal. Il vous regarde en face et vous tend la main sans arrière-pensée. Il ne vous abandonne jamais aux heures difficiles. Il est là, tout près, qui vous soutient, moralement et physiquement. Il sait les paroles qu’il faut prononcer, les actes qu’il faut accomplir, sans bruit, sans ostentation. Il se donne selon ses moyens, selon ses forces, mais il se donne entièrement. Le peu qu’il fait, c’est beaucoup. Il nous défend si on nous attaque. Quand vous en rencontrez un sur votre route, dites-vous bien que vous avez trouvé un trésor. »

Cette définition correspond en tous points à cet honnête homme, si bon, si loyal, si droit, toujours plein d’empathie pour les autres. Comme on dit dans nos milieux militants, c’était quelqu’un de bien.

J’ai connu Jean-Claude quand nous avons constitué le Centre de Liaison et d’Initiative Laïque qui allait organiser avec succès la grande manifestation de décembre 1995, en pleine grève générale contre le plan Juppé, pour le 90e anniversaire de la loi de 1905. Les réunions avec lui, Etienne Pion, Pierre Lambert et Alexandre Hébert n’étaient pas souvent d’un calme repos. Jean-Claude agissait toujours avec tact et mesure pour mettre tout le monde d’accord, et ce n’était pas toujours simple.

Nous avions décidé cette manifestation lors d’un banquet du vendredi-dit-saint à la Mutualité, où à la même table se côtoyaient Pierre Lambert, Etienne Pion et nos amies du Planning familial. Et Jean- Claude nous a un peu raconté sa vie militante. Il était membre de la IVe Internationale tout jeune et avait voulu combattre dans les Brigades internationales. Vu son jeune âge, cela lui avait été refusé, il a donc été brancardier sur le front contre les franquistes.

Et puis il y a eu la guerre, la Libération, toujours trotskyste et fidèle au poste. À ce repas, il revoyait Pierre Lambert pour la première fois depuis longtemps. Le courant s’est renoué et la sympathie était profondément réciproque.

Après la Libération, il s’est consacré à sa carrière scientifique d’astrophysicien, où il est devenu une sommité et une référence. Il a fait partie de la délégation officielle française à l’UNESCO, ce n’était pas rien. Quand l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU) voulut être représentée comme ONG à l’UNESCO, Jean-Claude décida de quitter la délégation gouvernementale pour se fondre dans la masse et y représenter l’IHEU. Un tel comportement militant, ce n’est pas si courant. D’autres ont toujours préférés les ors.

Quand la Fédération nationale de la Libre pensée a rejoint l’IHEU en 2000, grâce à notre ami Babu, Jean-Claude était un laïque heureux et il nous a beaucoup aidés dans nos actions. Il a toujours été de tous nos combats, signataire de tous nos appels, en première ligne toujours pour défendre la laïcité. Il a toujours été à nos côtés.

Il avait un grand humour et les yeux rieurs d’un jeune homme. Il souriait quand il disait qu’il habitait l’Ile d’Yeu (comme Pétain).

La Libre Pensée perd un grand ami, la classe ouvrière un grand soutien, et la cause laïque un grand militant. C’est très respectueusement que les libres penseurs honoreront à tout jamais Jean-Claude Pecker. La Libre Pensée adresse sa plus fraternelle solidarité à tous les siens.

Salut et Fraternité !

Christian Eyschen