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Disparition de Pierre Lévêque

In memoriam

Nous apprenons la disparition de Pierre Lévêque (1927-2017), historien de renom, spécialiste de l’histoire de la Bourgogne. Il fut l’auteur d’un article remarqué sur l’histoire de la Libre Pensée sous la IIIe République (« Libre Pensée et socialisme (1889-1939). Quelques points de repère ») paru initialement dans « Le Mouvement Social » en 1966 et que la Libre Pensée republia plusieurs fois. Cet article essentiel (et pour cette raison, pillé) fut, d’un certain point de vue, précurseur de toutes les recherches de l’IRELP. Il n’est pas secondaire de noter qu’un des derniers actes militants de P. Lévêque fut, comme d’autres historiens de renom, la signature de « L’appel des Laïques ».

Peut-on ne pas croire ?

« Peut-on ne pas croire ? »
(Communication aux Journées athées de Varsovie (avril 2016)

Comme il est demandé le point de vue d’un historien et que vous m’honorez de cette qualification, je voudrais aborder quelques points sur la question « Peut-on ne pas croire ? ».
Cette question a un côté philosophique incontestable : l’individu, pris de manière isolée, une sorte de Robinson Crusoe, est parfaitement libre de croire ou de ne pas croire ; il peut croire comme il peut ne pas croire. C’est une opinion et comme telle on a le droit de la critiquer comme on a le droit de la respecter. Continuer la lecture de « Peut-on ne pas croire ? »

Pétition en soutien à Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène

En tant que Président de l’IRELP, j’ai signé cette pétition et je vous invite à faire de même

 

L’Observatoire de la laïcité, son président et son rapporteur, sont la cible d’attaques aussi injustifiées que dénuées de fondement. Les associations signataires du présent appel sont investies de façon historique sur la laïcité. Elles sont présentes chaque jour sur le terrain pour la faire vivre dans la vie quotidienne, aussi bien par leurs actions que par leurs publications. Elles ont ainsi pu mesurer l’apport de l’Observatoire de la Laïcité dès sa création. Ses avis, ses rapports annuels, ses communiqués, ses guides pratiques, les multiples interventions de son président et de son rapporteur dans les débats avec les acteurs de terrain… sont pour elles un apport précieux qui nourrit à la fois le fond théorique et la mise en œuvre concrète du principe de laïcité de la République. L’Observatoire n’est ni une autorité qui impose, ni un pouvoir judiciaire qui tranche. Il éclaire le débat et la recherche laïque. Il a un rôle de conseil et non de décision. Son apport juridique est incontestable. Ses avis et ses recommandations, donnant la loi et rien que la loi, sont nécessaires. Leur mise en œuvre peut légitimement être discutée à condition que ce soit de façon rationnelle et dans le respect mutuel.

Les associations signataires appellent les organisations et les personnes qui se reconnaissent, au-delà de la diversité d’opinions, d’objectifs, de pratique, dans ces simples principes profondément laïques à signer la pétition soutenant Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène pour qu’ils poursuivent leur action au sein de l’Observatoire de la laïcité dans la fidélité aux principes de la loi du 9 décembre 1905.

Fédération Nationale de la Libre Pensée

Ligue des Droits de l’Homme

Ligue de l’enseignement

un nouveau statut pour l’IHRF ?

Un nouveau statut pour l’IHRF ?*
PAR AHMUF • 02/01/2016
Chères et chers collègues,
j’espère que « la limonade aristocratique » comme le disait Robespierre du champagne a coulé hier soir et que 2015, que personne ne regrettera et se finissant, 2016 nous portera plein de force pour nous consacrer à Marianne, si nous ne voulons pas de Marine en 2017.
Depuis ce matin l’UMS qui portait l’IHRF n’existe plus. Ni juridiquement, ni financièrement, l’IHRF n’a d’existence désormais, pour le moment. Ainsi en a décidé le CNRS. J’en prends acte, n’ayant pas à commenter cette décision, Je constate simplement que l’année où l’on panthéonise Jean Zay, on défait l’institut de défense républicaine et d’études universitaires qu’il avait porté en 1937. La vitrine est quelque peu brisée. Il est vrai qu’à l’époque le gouvernement était de gauche et d’union populaire.
Concrètement l’IHRF n’a plus d’autonomie financière pour construire sa politique scientifique dans l’avenir, ni d’existence légale pour exister en tant qu’institut universitaire. Quatre EC, un professeur et trois maitres de conférence continueront de façon loyale à travailler au sein de l’IHMC, comme ils l’ont toujours fait, avec toujours moins de moyens, mais pas sans espoir.
Entre 2008 et 2015, l’IHRF a assumé 10 parutions collectives, organisé et co-organisé 16 colloques internationaux, a co-porté au sein de l’ANR le projet REV-LOI en collaboration avec l’université de Chicago et les Archives Nationales, permettant la numérisation de plus de 20 000 décrets et lois des trois premières assemblées révolutionnaires de 1789 à 1795, accessibles sur le serveur de Paris I. L’IHRF a engagé la numérisation des 80 000 pages des Archives parlementaires qui se terminera en partenariat avec la BIS et le laboratoire Persée de l’ENS de Lyon en 2022. Un site électronique a été inventé, référencé comme site repère par le ministère de l’Education Nationale. Michel Vovelle a fait un don de plus de 2000 ouvrages, accueillis et tous classés. Une revue électronique, http://lrf.revues.org/, portée par le portail revues.org a été imaginée, conçue, testée par le comité éditorial durant 5 numéros, puis labellisée. Elle en est actuellement à son 9eme numéro, et la programmation est engagée jusqu’en 2017. Un grand séminaire d’histoire d’Outre-Mer a été fondé liant les universités de la Réunion et des Antilles et de Paris I. Une université populaire reconnue par convention officielle a été signée sous l’impulsion de l’IHRF avec le comité Marche du 23 mai 1998. Depuis la retraite de Michel Vovelle, il n’y a jamais eu autant de doctorants au sein de l’IHRF, dont trois anciens élèves de l’ENS, salariés de notre université. L’ensemble des étudiants de MI, partagés par l’équipe enseignante, s’élève à 21 cette année. Je ne parle pas des effectifs de L3 que chacun peut consulter aisément… Le séminaire doctoral co-dirigé par les deux HDR de l’IHRF, n’a jamais eu moins de 40 participants depuis octobre 2014.
Trois promesses ont été faites concernant la bibliothèque, la publication des Archives parlementaires et le site électronique de l’IHRF. Ces trois points acquis (non sur le papier) mais oralement, me reste l’espoir de voir le CNRS tenir parole.
Reste également à expliquer à nos collègues Japonais, Chinois, Anglais, Italiens, Espagnols, Allemands, Néerlandais, Américains du nord et du sud, Coréens, Canadiens, Belges, Tunisiens, Russes, Polonais, Australiens entre autres, et qui ont fait l’honneur et l’amitié d’inviter les EC de l’IHRF, ce tournant de la politique scientifique et envisager avec eux la suite des collaborations qui nous lient et ont donné de si fructueux résultats jusqu’à présent. Tous demeurent incrédules, ou tout au moins plus que surpris par cette décision qui entrave durablement toute initiative au long terme, de politique commune avec nos collègues des universités d’autres pays. Plus proches de nous, les centres d’université de province, la Société des Etudes Robespierristes construisent des politiques sur deux ou trois ans, nous sollicitant régulièrement pour des projets communs. Plus personne ne peut leur répondre désormais pour s’engager sur l’organisation d’un colloque dans deux ans… c’est aussi simple que cela. Il en est de même avec le Musée de la Révolution française de Vizille avec lequel un partenariat des plus constructifs avait été pensée et édifié, en partie sur la confiance et la pérennité de nos institutions respectives.
Avant de penser à ce que nous réserve l’avenir, force est de constater que l’IHRF existait bien avant l’UMS. Il a été fondé il y a 78 ans, et était un des plus anciens laboratoires de recherche de l’Université de Paris I. Depuis 1886 la recherche universitaire en Sorbonne est assurée et poursuivie. L’IHRF doit-il disparaitre au nom de la gouvernance sobre et calculatrice ? Ou se dissoudre dans le prestigieux IHMC, dont la valeur n’est ici strictement pas remise en cause.
L’IHRF auquel j’appartiens depuis 1984, a connu bien d’autres péripéties, remises en cause, turbulences et risques de disparition. Les volontés des chercheurs, de quelques décideurs éclairés, des participants à son séminaire, de ses doctorants, ont toujours permis de trouver une solution pour le faire vivre et lui redonner toute sa visibilité dans le champ des études révolutionnaires français et international.
Etre suprême, ce ne sont pas les historiens qui décident quand la révolution est finie, ni les bureaucrates qui peuvent déterminer la fin d’une institution aussi reconnue, active, et dynamique que l’IHRF.
Elle a été un Institut Universitaire, elle peut le redevenir ou prendre bien d’autres formes.
L’UMS est morte…. Je laisse aux modernistes de notre laboratoire terminer la phrase.
N’ayant jamais cru que l’affaiblissement d’une branche active des sciences humaines, pouvait renforcer un autre pan de la recherche, je demeure fort inquiet sur cette politique…
Je souhaite à tous une belle année de luttes républicaines et de vigilance démocratique, de désobéissance civile pour les plus rebelles et les plus révolté e s par les injustices d’entre vous, sans compter surtout sur les plus belles aventures intellectuelles et scientifiques avec nos étudiants et doctorants. Ce sont eux qui feront le futur des études révolutionnaires avec ou sans entrave.
Bien à vous.
Pierre Serna, professeur d’histoire de la Révolution française à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne et vice-président de l’Ahmuf (Association des Historiens Modernistes des Universités Françaises)
*Institut d’Histoire de la Révolution Française

Institut d’Histoire de la Révolution Française – Communiqué de soutien

I r e l p


Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée
Gestionnaire de la Bibliothèque de « Entraide et Solidarité »
204, rue du Château des Rentiers 75013 Paris
irelp@laposte.net

Communiqué

L’IRELP, informé des graves menaces qui pèsent sur le fonctionnement et sur l’existence même de l’Institut d’Histoire de la Révolution Française, construit en 1937 grâce au ministre (et libre-penseur) Jean Zay, se déclare indigné que puisse être remis en cause un fleuron de l’Université française, connu dans le monde entier.
L’IRELP communique à tous ses correspondants le message du Professeur Pierre Serna, Directeur de l’IHRF.
L’IRELP assure l’IHRF (qui n’a plus à ce jour d’existence légale, au sens strict du terme) de son soutien plein et entier et déclare, par avance, s’associer à toute démarche visant à garantir la pérennité du fonctionnement de l’IHRF.
Paris, le 6 janvier 2016

Notre ami Dominique Dattola primé à Blois !

Rendez-vous de l’Histoire de Blois
Remise du prix de l’Initiative Laïque 2013 à l’association AZOTH Studio
pour son documentaire « Les 3 Vies du Chevalier »
le 11 Octobre 2013 à 19h00 à la Halle au Grains à l’occasion de la conférence inaugurale
Discours de Dominique Dattola réalisateur du film


Bonsoir à tous et merci au jury d’avoir plébiscité « Les 3 Vies du Chevalier » pour le prix de l’initiative laïque 2013 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois en mon nom et aux noms des cent cinquante collaborateurs qui se sont battus farouchement à mes côtés pour faire émerger ce projet cinématographique.
« Les 3 Vies du Chevalier » est un récit documentaire musical de 110 minutes qui retrace l’histoire de la liberté de penser en France depuis l’ancien régime jusqu’à aujourd’hui au fil du procès du Chevalier de la Barre exécuté en 1766 pour ne pas avoir ôté son chapeau au passage d’une procession religieuse ; au fil de la lutte de ses défenseurs pour obtenir sa réhabilitation et promouvoir la Laïcité.
Treize ans de travail pour aboutir début Septembre 2013 à un ouvrage que j’ai souhaité grand public ; un film d’ouverture au débat citoyen ; un film dédié à l’éternelle jeunesse.
C’est de Montréal la semaine dernière que j’ai appris ma nomination à Blois. L’Association des Humanistes du Québec, en plein débat sur la charte des valeurs, m’y avait invité pour présenter mon film en avant-première nord américaine.
Le film cherche maintenant son distributeur et ce prix facilitera sans doute sa promotion. Dans ce combat, j’ai fait ma part. Merci.
Contact : 00 33 (0)9 82 20 31 87 – azoth.studio@free.fr

Démission du jury d’agrégation d’histoire

L’IRELP porte à la connaissance de ses lecteurs cette lettre collective de démission et assure les signataires de son plein soutien

Démission du jury d’oral de l’agrégation externe d’histoire, 16 septembre 2013
mardi 17 septembre 2013
Cher(e)s collègues,
En juillet dernier, les historiens membres du jury d’oral de l’Agrégation externe d’histoire ont exprimé leur crainte de voir le Ministère de l’Education Nationale nommer sans la moindre concertation un représentant de l’Inspection générale à la présidence du jury. Au-delà du symbole, il s’agissait de mettre en garde contre le risque d’affaiblir l’Agrégation en découplant de la recherche la préparation d’un concours d’excellence.
Les interventions et le courrier signé par tous les membres enseignants-chercheurs historiens du jury sont restés lettre morte. La nomination du nouveau président du concours est désormais officielle :
http://www.education.gouv.fr/pid255….
Elle revient à l’Inspecteur général Yves Poncelet, vice-président du concours 2013.
Il est important que collectivement les historiens universitaires aient conscience de ce qui est en jeu : après les effets dramatiques de la mastérisation, le rythme éreintant des réformes qui ont affecté le CAPES, désormais, c’est l’Agrégation qui est visée. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner qu’à très court terme l’Agrégation ne sera plus l’Agrégation, alors même qu’au fil des années les jurys successifs avaient fait évoluer le concours progressivement et dans une large concertation. Si l’Agrégation clone à court terme le Capes nouveau style, elle n’aura bientôt plus aucune raison d’exister.
Des présidents de jurys d’Agrégation ont déjà été choisis au sein de l’Inspection générale, mais dans un contexte tout à fait différent. Aujourd’hui, ce qui menace, c’est la poursuite, comme pour le CAPES et les Masters MEEF, de l’entreprise visant à écarter l’Université de la formation des enseignants. A terme, c’est l’ensemble de notre offre de formation qui s’en trouvera un peu plus fragilisée.
Depuis le 5 juillet, le Ministère de l’Education Nationale avait le temps, si telle avait été son intention, de dialoguer avec le jury. Au contraire, aucune réponse ne lui est parvenue et le jury a été systématiquement tenu à l’écart de toute la procédure qui a conduit à la nomination d’un nouveau Président. Ses membres pensaient mériter un autre traitement de la part des autorités de tutelle, dans la mesure où le bon déroulement du concours repose largement sur l’engagement et le dévouement collectif pour faire vivre le concours et en maintenir la qualité scientifique.
Les 15 signataires ne souhaitent pas continuer à participer au jury d’oral pour la prochaine session dans ces conditions, et ont le 16 septembre au matin adressé une lettre de démission au Ministère de l’Education Nationale.
Bien cordialement à toutes et à tous,
Christophe Chandezon, Vice-président, Professeur d’histoire ancienne, Université Paul-Valéry – Montpellier III
Jean-Louis Gaulin, Vice-président, Professeur d’histoire médiévale, Université Lumière – Lyon 2
Reynald Abad, Professeur d’histoire moderne, Université Paris IV-Sorbonne
Pierre-Yves Beaurepaire, Professeur d’histoire moderne, Université de Nice Sophia – Antipolis, Institut Universitaire de France
Michel Bertrand, Professeur d’histoire moderne, Université de Toulouse, Institut Universitaire de France
Philippe Chassaigne, Professeur d’histoire contemporaine, Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3
Sophie Dulucq, Professeure d’histoire contemporaine, Université Toulouse – Le Mirail
Thierry Dutour, Maître de conférences d’histoire médiévale, Université Paris IV-Sorbonne
Xavier Huetz de Lemps, Professeur d’histoire contemporaine, Université Nice Sophia Antipolis
Frédérique Lachaud, Professeur d’histoire médiévale, Université de Lorraine
Christel Müller, Professeur d’histoire grecque, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Eric Perrin-Saminadayar, Professeur d’histoire grecque, Université Paul-Valéry – Montpellier III
Pierre Ragon, Professeur d’histoire moderne, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Bertrand Schnerb, Professeur d’histoire médiévale, Université Charles-de-Gaulle – Lille 3
Nicolas Tran, Professeur d’histoire romaine, Université de Poitiers, Institut Universitaire de France

Colloque 1789

Dans la dernière livraison des “Annales historiques de la Révolution française” (juin 2013), on peut lire un compte-rendu de G. Lemarchand consacré au colloque de l’IRELP et à un autre ouvrage collectif.

Jean-Marc SCHIAPPA (dir.), Pour la défense de la Révolution française 1789-2009,
colloque de l’Institut de Recherches et d’Études de la LibrePensée 2008, Paris, L’Harmattan,
2012, 168 p., ISBN 978-2-296, 17 €.
Jean-Luc CHAPPEY, Bernard GAINOT, Guillaume MAZEAU, Frédéric RÉGENT, Pierre
SERNA, Pourquoi faire la Révolution, Comité de vigilance face aux usages publics de
l’Histoire, Marseille, Agone, 2012, 204 p., ISBN 978-2-7486, 15 €.

« Le but assigné à ces deux volumes est largement tenu : on a bien avec cet ensemble une défense documentée et argumentée de la Révolution face aux historiographies conservatrices ou réactionnaires. Pour autant on ne tombe pas dans une hagiographie de la Révolution, et, contrairement à ce que prétendent les courants opposés, on ne répète pas à l’infini les acquis des pères fondateurs de l’histoire universitaire de la période Mathiez, Lefebvre, Soboul.
Depuis 1989, sans rompre avec ces derniers, comme toute discipline qui se veut scientifique, elle a évolué, remettant en cause certains jugements anciens et s’ouvrant à de nouvelles problématiques de recherches. Non, la Révolution n’est pas terminée… »