” Poser les mauvaises questions pour éviter les bonnes réponses ” – un article publié par Mediapart

avec l’autorisation de P. Boniface (Mediapart)

Caroline Fourest vient de sortir un nouveau livre, Génération offensée, dont elle doit espérer qu’il la remette du flop monumental – malgré un budget hors-norme et une promotion hollywoodienne – de son film Sœurs d’armes.

Caroline Fourest bénéficie une nouvelle fois d’une promotion assurée par ce qu’on pourrait qualifier de « journalistes à domicile », comme on qualifiait un certain type d’arbitrage au football dans les temps anciens. Elle est généralement interviewée par des gens qui, semble-t-il, n’ont pas lu le livre, ce qui leur paraît mineur par rapport au sentiment de proximité qu’ils ont avec l’auteur.

Quand Caroline Fourest fait un film, les critiques de cinéma le démolissent. Lorsqu’elle fait un livre, elle s’attire les commentaires les plus négatifs des chercheurs en sciences sociales. Mais ses productions sont portées aux nues par son réseau médiatique. Le fossé grandissant entre une partie des médias et le champ de savoir est en ce sens inquiétant.[1]

Quel est le pitch de ce nouveau livre ?[2] « L’histoire de petits lynchages ordinaires qui viennent assigner nos identités et censurer nos échanges démocratiques. Une peste de la sensibilité. Chaque jour un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d’une cause exige, menace et fait plier. Au Canada, des étudiants exigent la suppression d’un cours de yoga pour ne pas risquer de « s’approprier » la culture indienne. Aux États-Unis la chasse aux sorcières traque les menus asiatiques dans les cantines et l’enseignement des grandes œuvres classiques, jugées choquantes et normatives, de Flaubert à Dostoïevski (…)La France croyait résister à cette injonction, mais là aussi des groupes tentent d’interdire les expositions ou les pièces de théâtre… Souvent antiracistes ! »

Que quelques associations indigénistes viennent bruyamment empêcher un débat dans une université est certes regrettable et même condamnable, mais quels sont les véritables enjeux en termes de débat démocratique ? Quelle est la plus grande menace à la liberté d’expression ? N’y a-t-il pas plus de danger dans l’entre-soi médiatique, social, ethnique et culturel que l’on retrouve également dans le monde de l’édition ? Le club des « éditocrates » n’est-il pas plus puissant et dangereux qu’une association qui regroupe une poignée d’individus à l’Université Toulouse II Jean Jaurès ou à Paris VIII ?

Laurent Fabius avait dit que le Front National posait les bonnes questions, mais apportait les mauvaises réponses. Caroline Fourest pose les mauvaises questions pour éviter de trouver les bonnes réponses.

Caroline Fourest, qui proteste contre la censure, n’a jamais hésité à y recourir pour ceux qu’elle considère comme ses ennemis. Elle participe à de vastes campagnes de mise au ban et de bannissement des médias ou du monde de l’édition de ceux qui lui déplaisent. On se rappelle, entre autres, de sa campagne ouverte contre Frédéric Taddei. Mais ses attaques ont été multiples et souvent plus discrètes et efficaces.

Lorsque Rokhaya Diallo voit sa nomination barrée au Conseil consultatif du numérique – comportant 20 membres – parce qu’une campagne a été menée contre elle, ou qu’une de ses conférences à Toulouse est annulée, est-ce que Caroline Fourest a réagi ?

Lorsque je suis banni de France Inter et de France Culture depuis 2011 et la parution mon livre Les intellectuels faussaires, Caroline Fourest s’émeut-elle ? Non, elle a participé à cette campagne.

Lorsqu’un représentant de la diversité qui ne renie pas son identité veut lui-même essayer de percer, dans the Voice ou dans les milieux des médias, il est automatiquement pilonné. Caroline Fourest ne s’y intéresse pas, ou souvent elle le fait au nom d’une défense acharnée d’une laïcité falsifiée.

Il existe des tendances lourdes qui ont des atteintes plus graves sur la liberté d’expression et le débat démocratique.

N’est-il pas un défi démocratique que de voir des personnalités sans aucune légitimité académique, intellectuelle ou institutionnelle n’avoir pour seule raison d’être, pour principal fonds de commerce que de taper sur les musulmans ? Le nombre de couvertures hostiles aux musulmans ou de débats biaisés n’est-il pas inquiétant ? Plus on entend « on ne peut plus rien dire ! », plus le discours antimusulmans se libère, là encore au nom d’une laïcité falsifiée.

Pour l’avenir du débat démocratique, la concentration oligarchique des médias contre laquelle les rédactions tentent de s’organiser pour préserver leur liberté n’est-elle pas plus dangereuse que trois associations universitaires ?  Et que dire du manque de diversité sociale, ethnique et culturelle dans les rédactions au moment où de nombreux journalistes commencent à s’interroger sur ce phénomène et essaient de trouver des contremesures.

Les campagnes visant à assimiler antisémitisme, antisionisme et simple critique de la politique du gouvernement israélien ne sont-elles pas plus dangereuses pour la liberté d’expression que les pressions internes à une quelconque université ? D’ailleurs, début mars, une conférence sur le conflit israélo-palestinien était annulée à Assas. En ce domaine, l’autocensure a gagné de nombreux médias et responsables, qui préfèrent désormais ne pas aborder le sujet pour ne pas être pris dan la tourmente et assaillis de réactions hostiles.

Caroline Fourest affirme avoir été rebelle, mais pour des causes universalistes contrairement aux jeunes générations qu’elle critique. Son universalisme auto-affiché est sujet à la critique. Elle a joué un rôle majeur dans un vision falsifiée de la laïcité présentée comme étant menacée par la volonté de minorités visibles d’être représentées. L’islam a été sa cible principale et sa proximité affichée avec l’imam Chalghoumi est, en la matière, significative. En fait, une fois qu’elle eut percé le mur, qu’elle entra dans le réacteur nucléaire médiatique, elle en a adopté les mœurs et coutumes et est devenue une fidèle et agressive militante. Pas question de remettre en question les médias mainstream. Sa différence apparente et initiale qui a été intégrée par le système permet de renforcer ce dernier en donnant une idée en trompe-l’œil de l’ouverture. Une fois qu’elle est rentrée, elle ferme la porte.

Adèle Haenel, au lendemain de la controversée cérémonie des César 2020, déclarait : « Ils pensent défendre la liberté d’expression, en réalité ils défendent leur monopole de la parole. Ce qu’ils ont fait hier soir, c’est nous renvoyer au silence, nous imposer l’obligation de nous taire. Ils ne veulent pas entendre nos récits. Et toute parole qui n’est pas issue de leurs rangs, qui ne va pas dans leur sens, est considérée comme ne devant pas exister. ». Ces paroles peuvent tout à fait s’appliquer ici.

En ciblant des excès réels et condamnables, mais dont les conséquences sont minimes alors que les pouvoirs dominants acceptent peu d’être remis en cause et de perdre le monopole de la parole, Caroline Fourest vient à leur secours. Son film était un mauvais divertissement, son livre est sans aucun doute une véritable diversion.

[1] Dès 2006, à propos de son livre « La tentation obscurantiste », qui s’était vu accorder le prix du livre politique, cinq universitaires (Jean Baubérot, Bruno Etienne, Franck Fregosi, Vincent Geisser et Raphaël Liogier) écrivaient dans un article du journal Le Monde : « Ce choix ne peut manquer de laisser pantois les chercheurs en sciences sociales, politologues, historiens, universitaires (…) Le problème tient bien à l’intronisation officielle accordée à un pamphlet qui s’érige frauduleusement en argumentaire rationnel, alors qu’il ne repose que sur le trafic des émotions, des peurs, permettant d’ânonner des lieux communs sur l’islam et les musulmans. »

[2] Le service de presse n’étant pas ouvert à ceux qui pourraient s’avérer critiques, je me base sur la présentation de l’éditeur et les entretiens accordés par l’auteur.




Colloque « Littérature et Libre Pensée » : un succès !

 

Les 14 et 15 février 2020, se sont tenues,à la Bourse du Travail à Paris puis dans le Salon Médicis du Sénat, à l’initiative de l’Association Octave Mirbeau et de la Libre Pensée, deuc journées de colloque passionnantes.

De l’avis des intervenants et de tous les participants, ce premier colloque devra être suivi par beaucoup d’autres, tant le sujet est vaste et passionnant.

Les Actes seront disponibles au cour de la fin du troisième trimestre 2020.

 

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Soutien à Pascal Boniface

Paris, le 24 avril 2018


L’IRELP a pris connaissance des menaces appuyées et insultes publiques dont a été l’objet Pascal Boniface, intellectuel et directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), à l’aéroport de Tel-Aviv.
Nous les condamnons et nous nous félicitons que d’autres, incluant des autorités gouvernementales de nombreux Etats, les condamnent.
Nous adressons à Pascal Boniface et, à travers lui, à tous les historiens et chercheurs du monde entier notre total soutien et notre plein engagement en défense de la liberté d’expression, incluant la totale liberté de recherche historique.
La recherche intellectuelle et historique est critiquable, elle n’est pas justiciable ; encore moins sous la forme de lynchage, de tribunal populaire ou de pogrome.


Jean-Marc Schiappa, Président de l’IRELP




L’IRELP invité par Mediapart

28 avril 2016
L’IRELP interviewé par Mediapart

 

Entretien avec Jean-Marc Schiappa, président de l’IRELP Mediapart, 28 avril 2016
Réalisé par Charles Conte

Qui êtes-vous, Jean-Marc Schiappa ?
Voila le genre de questions auxquelles il n’est pas aisé de répondre. Parler de soi est, toujours, périlleux. Je suis le Président de l’IRELP (Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée) depuis quasiment le début de ce siècle. Libre-penseur depuis la fin des années 80 du siècle précédent. Je suis militant depuis que je pense avoir eu l’âge de comprendre que les problèmes de l’humanité étaient d’abord des problèmes sociaux et politiques et je l’ai été partout où j’ai été, depuis mon adolescence première. Je suis historien et, à ce titre, l’auteur de quelques ouvrages sur la laïcité, la Libre Pensée, la Révolution française et plus particulièrement Babeuf et la Conjuration des Egaux. Contrairement à ce qu’écrit la notice imbécile que Wikipédia me consacre, je n’ai jamais eu de « carrière ». Puis-je ajouter que j’ai beaucoup de défauts ?

Qu’est-ce que l’IRELP ?
Cette question est plus commode. Comme je l’ai dit plus haut, il s’agit de l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée, fondée sous l’égide de la Libre Pensée fin 1999. C’est une aventure exceptionnelle, au sens qu’une aventure – sur ce plan comme sur beaucoup d’autres – signifie « sortir des sentiers battus ». Elle est née d’une intuition de mon camarade et ami, Christian Eyschen, à l’époque secrétaire général de la Libre Pensée, maintenant un des porte-paroles de l’Association Internationale de la Libre Pensée : « une organisation comme la Libre Pensée doit avoir un institut, ou centre, peu importe le terme, de recherches ». Après quelques mois et quelques péripéties sans intérêt, grâce à des conseils précieux que j’ai raconté ailleurs, je me suis retrouvé « aux manettes » pour reprendre l’expression de mon regretté camarade et ami, Marc Blondel. C’est là que tout commence, en fait. Nous étions dans un coin (ou un recoin ?) du local de la Libre Pensée, avec quelques archives et quelques livres, tous promis, l’Institut, les archives, les livres, à une stagnation en baisse régulière. Il fallut se battre et se développer. Une certaine sorte de caractère peut aider en cette situation. Retrouver des archives, les chercher partout, les rapporter, constituer une bibliothèque à partir de dons et legs disparates, notamment ceux de l’ancienne Maison de retraite des libre-penseurs, ceux de camarades disparus, fouiller, interroger, aller sur des pistes prometteuses et n’en rien sortir parfois, recevoir des choses imprévues etc. Tout cela est normal. Enfin, pour l’IRELP, c’est notre norme depuis longtemps.
Puis, trouver notre propre local qui s’est trouvé, d’abord, au fond d’un entresol, plus proche d’un speakeasy du temps de la prohibition ou d’une imprimerie clandestine que digne d’un Institut. Et chercher à le financer (cotisations, subventions aléatoires, soutiens). Bref, la routine, ou pour être plus exact, une inquiétude quotidienne mais n’est-ce pas un synonyme de « routine » ? Nous avons produit : revues, colloques, articles, ouvrages.
Maintenant, nous continuons ce travail et la recherche de financements (la cotisation annuelle est de 20 euros) dans notre nouveau local 204 rue du Château des Rentiers 75013 Paris. Louis Couturier, qui cumule les qualificatifs, secrétaire de l’Institut, camarade, ami inestimable, a publié « Les femmes et la Libre Pensée, la Libre Pensée et les femmes ». L’ouvrage collectif « Les Hommes du Vatican » que même Le Figaro a mentionné a été édité. Notre revue « Recherches & Etudes » est semestrielle, notre bibliothèque est à disposition etc.


Quelles sont ses relations avec la Fédération Nationale de la Libre Pensée ?
L’initiative de l’IRELP revient à la FNLP, je l’ai dit. La Libre Pensée, dont les premiers cercles remontent à 1848, a créé son Institut en 1999. Voilà pourquoi le Conseil d’Administration est composé de deux collèges : un, minoritaire, élu par la Libre Pensée et l’autre élu par les cotisants (ayant acquitté les 20 euros dont j’ai parlé plus haut).

Quelles sont les activités prochaines ?
N’en mentionnons que trois. La première, chaque mois (voir le programme sur notre site irelp.fr) se tient une séance de notre Université populaire. Ensuite, début juin, nous allons tenir une exposition avec films, débats et conférences sur quinze jours à propos de « la laïcité à Paris ». Enfin, pour citer le très réactionnaire Metternich, « l’essentiel est de durer ». Nous allons durer. »

Post-scriptum
Pourquoi adhérer à l’IRELP ?
Adhérer à l’IRELP, c’est participer à cette aventure collective. Dans quelle localité, dans quel département, dans quel syndicat, la Libre-Pensée n’a-t-elle pas joué un rôle considérable et que nous ignorons encore, dont les archives nous sont inconnues, ou, pire, perdues va savoir où ? Par exemple, combien de tombes de libre-penseurs dans les cimetières que nous ne connaissons pas ? Et quand on cherche un peu, il s’agit d’un élu ou d’un candidat, d’un militant, d’un fondateur de telle organisation. Dans le prochain numéro de notre revue, à partir du travail de L. Couturier, nous allons publier un article d’un ami qui a poursuivi les recherches sur la militante Julia Bertrand avant de nous mettre, lui-même, en contact avec un autre auteur qui publie un article sur l’institutrice Hélène Brion, passée en conseil de guerre en 1918 (auteur que nous ne connaissions pas). Et, sans connaissance les uns avec les autres que l’IRELP, par de là l’Océan, une étudiante du Brésil qui prépare un mémoire sur la communarde André Léo nous interpelle pour avoir documents et archives et nous remercie des premiers envois. Comme un ami italien, inconnu de nous, qui adhère et qui nous encourage. C’est cette chaîne, à la fois invisible et solide, mettant en rapport tous ceux qui s’intéressent et participent à l’émancipation de l’Humanité, qui est l’IRELP, qui s’appelle l’IRELP. C’est cette chaine que nous vous appelons à renforcer, à rejoindre.

Adhésion (20 euros l’année)
Nom Prénom
Adresse postale ou électronique
IRELP 204 rue du Château des Rentiers 75013 Paris
1.




Colloque international “Libre Pensée et Libres Penseurs hier et aujourd’hui”

Le Colloque International de l’IRELP « Libre Pensée et Libres Penseurs Hier et aujourd’hui » s’est tenu le 21 septembre 2017 en présence de 110 participant.


Il s’est tenu sous la Présidence de Jean-Marc Schiappa, Président de l’IRELP
Co-présidente Mme Faouzia Farida Charfi, Professeur de physique à l’Université de Tunis (Tunisie), ancienne Ministre.


« La christianisation, fin de la liberté de pensée » par Jean-Marc Narbonne (Université de Laval Canada)
« Sylvain Maréchal, un libre penseur dans la Révolution » par Serge Bianchi (Professeur émérite Université Rennes II)
« La Commune de Paris essaime la Libre Pensée à travers le monde » par Pierre Roy (Historien, IRELP)
La séance de l’après-midi été co-présidée par Babacar Diop Buuba professeur à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal)
« La Libre Pensée et le Mouvement ouvrier » par Serge Sebban (Historien, CERMTRI)
« La Libre Pensée et la Théologie de la Libération » par Fernando Lozada (Argentine)
« Problèmes actuels de la laïcité en France » par Philippe Portier (Professeur Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris)
« La Reconquête catholique en Europe de l’Est » par Nina Sankari (Association Kazimir Leszczynski, Pologne)

Conclusion : « La Libre Pensée organisée au XXIe siècle » par David Gozlan, secrétaire général de la Libre Pensée.
Notre succès a été important et nous remercions tous ceux qui ont contribué à cela.
Rançon du succès : les frais, notamment de voyage et d’impression, ont été plus élevés que prévus et nous appelons au soutien (adhésions etc).
Les Actes sont en cours de collecte, sachant que les inscrits au colloque bénéficieront d’un prix de souscription volontairement bas.




Colloque “Les oubliées de la Commune de Paris”




” Qu’est-ce que la Sécurité sociale ? “

Conférence donnée dans le cadre de l’Université Populaire de l ‘Irelp (Institut de Recherches et d’Etudes de la libre Pensée) par Jean Jayer, ancien membre du bureau confédéral de la CGT-FO. Origines et actualité de la sécurité sociale.




“Qu’est-ce que la Constitution de 1793 ? “

Conférence sur la constitution de 1793 par le professeur Serge Bianchi dans le cadre de l’université populaire de l’institut de recherches et d’études de la Libre Pensée (IRELP)




“Les femmes et la Commune de Paris “

Conférence donnée par Louis Couturier : secrétaire de L’IRELP dans le cadre de l’université populaire de l’IRELP (Institut de recherches et d’études de la Libre Pensée)




“Que sont les lois mémorielles ? “

Conférence donnée par Dominique Goussot dans le cadre de l’université populaire de l’IRELP (institut de recherches et d’études de la Libre Pensée), le 27 juin 2014