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l’IRELP s’associe à la tribune publiée dans Le Monde daté du 2 octobre en défense du libre droit d’accès aux archives

Le 2 octobre 2020, le quotidien Le Monde publiait une tribune  dans laquelle les auteurs, Céline Guyon, Présidente de l’Association des archivistes français, Clément Thibaud, Président de l’Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche et Pierre Mansat, Président de l’Association Josette et Maurice Audin dénoncent les graves restrictions d’accès aux archives contemporaines. L’IRELP s’est immédiatement associé à cette tribune, envoyant ce communiqué.

tribune publiée dans Le Monde

communiqué de l’IRELP

Les 3 Vies du Chevalier – DVD ami

Communiqué du 5 Décembre 2017
Les 3 Vies du Chevalier·samedi 18 novembre 2017

Le documentaire du réalisateur Dominique Dattola sort enfin en DVD le 5 décembre 2017 chez Arcadès. (VF sous-titrée en Anglais / accompagné d’un livret pédagogique).
Ce film est placé sous le haut patronage de la Commission Nationale Française pour l’Unesco et de la ville de Genève. C’est un des rares films de référence sur l’histoire de la laïcité. Il a reçu le prix de l’initiative laïque aux Rendez vous de l’Histoire de Blois en 2013 décerné par La MAIF, la MGEM et la CASDEN.
Le documentaire est sorti en salles en France le 23 avril 2014. Après la Belgique et le Québec, il a été sélectionné par l’Ambassade de France pour clore le Congrès International « Islam et Laïcité » à Singapour en 2016, organisé par Sciences-Po Paris & la National University of Singapore.
Pour appuyer cette sortie nationale en librairies (y compris FNAC, Amazon, enseignes culturelles et musées…), une projection-débat événement est organisée au nouveau Méliès de Montreuil sous bois, le 7 décembre 2017 à 20h30 en présence du réalisateur et de Jean-Marc Schiappa, président de l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée.
Pour de plus amples renseignements et le programme des autres projections, visitez le site des acteurs et de l’équipe du film .

” Nous dénonçons une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation “

Communiqué

L’IRELP (Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée) s’associe à la  protestation des historiens ci-dessous, qu’il porte à la connaissance de ses adhérents et correspondants. L’IRELP s’inquiète des limitations portées de fait à la  recherche historique qui ne peut être que libre et, en rien dépendante des décisions étatiques.

Nous demandons, avec les historiens signataires, l’application du code du patrimoine et de la loi sur les archives de 2008, et donc l’accès immédiat et sans réserve à ces archives publiques à l’issue des délais légaux.

Pour l’IRELP,

Jean-Marc Schiappa, Président.

Paris le 13 février 2020

 

Nous dénonçons une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation

La décision de déclassifier un par un les documents postérieurs à 1940 portant le tampon « secret », dont la plupart étaient pourtant accessibles à tous depuis longtemps, porte atteinte à l’accès aux sources et bloque des recherches en cours, alerte un collectif d’historiens, qui en appelle au code du patrimoine

Faut-il encore s’inquiéter de l’accessibilité au public des plans du débarquement du 6 juin 1944, soixante-quinze ans après la seconde guerre mondiale, lesquels portent un tampon « secret » ? Protéger des informations secrètes est essentiel. Qui en douterait ? A condition toutefois que ces informations soient réellement sensibles et qu’elles constituent toujours un secret-défense. Quand il n’y a plus de secret, il ne devrait plus rien y avoir à protéger.

Pourtant, le service historique de la défense annonce la nécessité d’une « déclassification » formelle de tous les documents portant les fameux tampons « secret » depuis 1940. Pièce par pièce. Cette mesure provoque déjà une paralysie du service. Elle entraîne des délais de communication très longs, voire l’impossibilité d’accéder à des archives pourtant communicables de plein droit selon le code du patrimoine. En effet, les archives dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale, aux intérêts fondamentaux de l’Etat dans la conduite de la politique extérieure, à la sûreté de l’Etat, à la sécurité publique doivent être accessibles à tous après une échéance de cinquante ans.

Tout le paradoxe est là : des délais d’accessibilité existent pour ces documents et ces délais sont aujourd’hui largement échus pour la majeure partie des documents produits avant 1970. Mais on évoque une instruction générale interministérielle de 2011 pour justifier une nécessaire « déclassification » formelle des documents secrets avant toute communication aux lecteurs. Pourquoi cette soudaine volonté de déclassifier des documents considérés jusqu’à il y a peu comme accessibles à tous ? Pourquoi prendre le risque d’entraver gravement les recherches historiques ?

Au-delà du service historique de la défense, où la tâche est particulièrement titanesque compte tenu de la nature des archives qui y sont conservées, cette nouvelle mesure concerne toutes les archives publiques. Ce sont plusieurs centaines de milliers de documents et des dizaines de kilomètres linéaires de papiers qui doivent être regardés un à un au nom de cette application abusive, et partant dangereuse, du principe de protection du secret de la défense nationale exigée par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.

Une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation sous le prétexte abusif de la nécessité de protection du secret de la défense est en cours.

Acteurs et actrices de la recherche en histoire, nous dénonçons la mise en œuvre de cette mesure sans qu’aient été expliquées et débattues publiquement ses motivations et ses modalités et, au-delà, sans qu’aient été mises en place les conditions techniques permettant de garantir dès à présent la continuité et la pérennité de l’accès aux archives publiques.

Communicable de plein droit

Depuis la Révolution française, la République garantit aux citoyens un accès aux papiers de l’Etat, accès qui est considéré comme une protection indispensable contre l’arbitraire, et le code du patrimoine stipule que les archives publiques sont communicables de plein droit, sous réserve de délais de communicabilité pour certaines d’entre elles. Cette dérogation au principe d’une publicité universelle et immédiate de l’action publique vise autant à protéger la vie privée des individus qu’à garantir l’efficacité et la sûreté de l’Etat. Elle garantit à la fois la sécurité et la liberté des citoyens. Cet équilibre doit être assuré par une limitation dans le temps des restrictions de communicabilité.

Aujourd’hui, toute personne qui divulguerait des informations contenues dans des archives tamponnées « secret-défense » sans déclassification préalable s’expose à des poursuites pénales pour compromission du secret de la défense nationale. Or certains de ces documents ont été massivement communiqués depuis des années, voire des décennies. Les livres d’histoire sur la seconde guerre mondiale et les guerres de décolonisation les citent abondamment et les reproduisent parfois. En tirant le fil jusqu’à l’absurde, tous leurs auteurs s’exposent à des poursuites, de même que les responsables de fonds qui leur ont communiqué ces documents de toute bonne foi.

Quelles que soient les motivations à l’origine de ces nouvelles consignes, elles placent les archivistes dans une situation impossible. Elles menacent le patrimoine de la nation. Des documents déjà anciens risquent d’être endommagés, peut-être irrémédiablement, par l’opération concrète de déclassification, que ce soit à cause du tampon, des encres ou de l’inscription.

Au-delà de la dimension patrimoniale, ces mesures portent un coup d’arrêt brutal à la recherche sur des sujets essentiels pour la connaissance historique et le débat public dans notre démocratie. Les archives ayant été, à un moment de leur vie, classifiées ne concernent pas que l’histoire militaire : elles permettent d’écrire l’histoire de la nation. Dans les mois à venir, et si rien n’est fait pour débloquer la situation, il sera de facto impossible de travailler sur nombre de sujets portant sur l’histoire de France depuis 1940.

Travail politique mémoriel

Pour faire face à la désorganisation, le ministère des armées annonçait, le 11 février, dans la précipitation, des « moyens supplémentaires ». Quand seront-ils déployés ? Comment ? Rien n’est dit à ce sujet. Le blocage est d’ores et déjà effectif : des recherches sont désormais en attente, faute d’accès aux sources. Force est de constater que certains travaux majeurs sur l’histoire de la France contemporaine publiés ces dernières années ne pourraient plus être écrits aujourd’hui par des historiens travaillant aux archives françaises.

Faut-il en revenir à ce qui prévalait lorsque l’historien américain Robert Paxton, au début des années 1970, a dévoilé l’ampleur de la politique de collaboration menée par Vichy… à partir des archives allemandes car les archives françaises étaient fermées ?

Depuis le grand discours de Jacques Chirac de 1995 sur la rafle du Vel’ d’Hiv, les présidents de la République affirment régulièrement la nécessité de faire toute la transparence sur le passé de la France, même le plus délicat, et de réconcilier les mémoires des Français. En janvier, le président Macron a exprimé son souhait que les archives de la guerre d’Algérie ne soient plus réservées aux seuls historiens, afin qu’un « travail politique mémoriel » puisse être entrepris. Contre cette volonté d’ouverture et de transparence présidentielle affirmée depuis un quart de siècle par des gestes concrets (dérogations générales de 1998 et 2015 sur les fonds de la seconde guerre mondiale, par exemple), cette pratique, qui vise à contrôler voire à refermer des documents historiques déjà archivés, apparaît comme une régression majeure.

Au moment même où commencent les commémorations de l’année de Gaulle, dont celle du 80e anniversaire de l’appel du 18 juin, la fermeture de fait pour une durée indéterminée des archives classifiées postérieures à 1940 a de quoi surprendre. De la même manière, alors que le président s’apprête à rendre hommage à l’engagement militaire des harkis, et tandis que se profilent les soixantièmes anniversaires du putsch d’avril 1961 et de la fin de la guerre d’Algérie, l’écriture de cette histoire, pourtant essentielle à la compréhension des enjeux contemporains, est largement compromise. Il est vain de prôner un quelconque devoir de mémoire si l’impératif d’histoire ne peut concrètement être rempli.

Rappelons-le : ces archives ont, pour l’essentiel, déjà été communiquées. Il n’y a donc plus de secret. Et s’il en reste, il est temps, cinquante ans au moins après les faits, de lever le voile dans le cadre fixé par la loi. Par conséquent, nous demandons l’application du code du patrimoine et de la loi sur les archives de 2008, et donc l’accès immédiat et sans réserve à ces archives publiques à l’issue des délais légaux.

Marc-Olivier Baruch, directeur d’études, EHESS ; Jean-Marc Berlière, professeur des universités émérite, université de Bourgogne ; Emmanuel Blanchard, maître de conférences, université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines ; Raphaëlle Branche, professeure des universités, université Paris-Nanterre ; Pierre Journoud, professeur des universités, université Montpellier-3 ; Julie Le Gac, maîtresse de conférences, université Paris-Nanterre ; Chantal Metzger, professeure des universités émérite, université de Lorraine ; Denis Peschanski, directeur de recherche, CNRS ; Henry Rousso, directeur de recherche, CNRS ; Anne Simonin, directrice de recherche, CNRS, EHESS ; Fabrice Virgili, directeur de recherche, CNRS, université Paris-I-Panthéon- Sorbonne ; Olivier Wieviorka, professeur des universités, ENS Paris-Saclay

Nous, historiens et historiennes de la France contemporaine depuis des décennies, sommes consternés par les conséquences néfastes de l’instruction générale interministérielle de 2011 (IGI 1 300). Nous avons salué la volonté du président Macron d’ouvrir les archives touchant à la disparition de Maurice Audin et plus largement aux disparus de la guerre d’Algérie. Nous sommes d’autant plus surpris qu’au même moment l’application de cette instruction introduise un régime plus restrictif que celui qui prévalait antérieurement et notamment depuis la loi de 2008.

Une situation digne de Kafka

Des documents que nous avons déjà exploités, même publiés, dans nos ouvrages, pourraient se trouver désormais fermés aux chercheurs. Il est déjà arrivé à quelques-uns parmi nous de se voir refuser l’accès à des documents consultés il y a des dizaines d’années ! C’est une situation digne de Kakfa. Les travaux que nous avons effectués ne seraient plus possibles à mener dans les archives françaises.

Cette restriction qui, au mieux, ralentit de plusieurs mois ou années les travaux, et, au pire, les rend impossibles, représente une atteinte très sérieuse à la réputation internationale de la France dans le domaine de la recherche historique.

Les signataires de cet appel expriment donc leur vive inquiétude et demandent au président de la République de faire réexaminer cette instruction et ses modalités d’application, en conformité avec ses déclarations relatives à l’ouverture des archives.

Helga E. Bories-Sawala(université de Brême, Allemagne) ; Hanna Diamond(université de Cardiff, Royaume-Uni) ;Valeria Galimi(université de Florence, Italie) ;Robert Gildea(université d’Oxford, Royaume-Uni) ;James House(université de Leeds, Royaume-Uni) ; Julian Jackson(université Queen Mary de Londres, Royaume-Uni) ;Eric Jennings(université de Toronto, Canada) ;Harry Roderick Kedward (université du Sussex, Royaume-Uni) ;Robert O. Paxton (université Columbia, New York, Etats-Unis) ; Renée Poznanski(université Ben-Gourion, Israël) ; Mary Louise Roberts(université du Wisconsin, Etats-Unis) ;Martin Thomas(université d’Exeter, Royaume-Uni)

24 heures (ou presque) dans la vie de l’IRELP

Victor Hugo disait « Que fait le Parlement ? Il parle et il ment ». Dans la même veine, on pourrait s’interroger sur ce que fait l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée. Et bien, il cherche et il étudie.

Prenons une journée à peu près comme les autres, pendant les vacances scolaires d’avril, donc sans les permanences des mardi, mercredi, jeudi après-midi que nous essayons de tenir vaille que vaille, dans le cadre de « La Bibliothèque de la Laïcité ».
Matin : nous déposons le courrier (publications, circulaires, ouvrages en double) encore reçu pour l’IRELP au siège de la Fédération nationale. Il serait préférable que tout le courrier soit envoyé au 70, rue des Panoyaux, 75020 mais l’expérience d’une décennie de travail à l’IRELP apprend la patience et l’empirisme. A propos de courrier, la moisson de ce jour est moyenne ; rien d’exceptionnel – cela arrive – mais des choses quand même. Facture, relevé, poignée de lettres dont deux adhésions et un mot d’encouragement d’une amie de Paris « Merci pour votre travail ». Cela fait plaisir.

Ordinateur, lecture des courriels reçus sur irelp@laposte.net. Aie, la maison d’édition qui publie les Actes du Colloque 1789 demande une relecture des épreuves. Passer un coup de fil à un camarade spécialisé dans ce genre de travaux. Cela risque de retarder la publication.

Ce matin, rendez-vous avec un universitaire de province qui prépare une recherche post-thèse sur les modifications de la laïcité entre 1958 et 1987. Il lui est présenté nos locaux, notre bibliothèque à la fois riche et en cours permanent de classement et nos archives. Nous lui expliquons ce paradoxe : la Libre Pensée plus vieille association de ce pays, fondée en 1848, a été la dernière à se donner un centre de recherches (fin 1999), d’où le retard à rattraper.

Le sujet est passionnant. « Cela concerne-t-il aussi la loi Debré ? » « Non, je ne traite pas la question scolaire, mais tout ce qui est administratif et fiscal ». Pourquoi venir voir l’IRELP ? Notre interlocuteur explique qu’il veut aussi connaitre les réactions de la Libre-Pensée à ces modifications. Consulter la presse serait fastidieux et peu productif.

Un camarade venu aider au classement se joint à la discussion, longue, passionnée. Nous lui proposons une aide concrète ; nous allons dépouiller les Congrès et recenser ce qui pourrait lui être utile. Notre interlocuteur est enchanté, nous prenons rendez-vous. Il note nos publications pour les faire commander par son université. Envoyer un mail afin de trouver des volontaires pour le dépouillement des Congrès … Le camarade venu donner un coup de main – en vain cette fois ci- me donne ses disponibilités. Dans l’après-midi, un autre camarade d’une autre fédération téléphone pour la même chose. Cela prend forme.

Arrivée du courriel suivant, de L’Idée Libre : « Suite à la réunion du comité de rédaction d’hier, nous avons pensé qu’il serait naturel que les pages consacrées à la vieille Idée Libre soient consacrées à un article écrit au moment de l’arrivée de de Gaulle au pouvoir, en 58 – si cela existe – ou alors à un article critique sur les institutions de la Vème, il doit bien y avoir qque chose à ce sujet ? ». Pas de problème. Du travail, certes, mais le grand historien G. Lefebvre écrivait « Il faut travailler et il faut encore travailler ». Tiens, pourquoi ne pas saisir cette occasion pour faire un article dans La Raison pour susciter de nouvelles adhésions, de nouveaux soutiens, de nouveaux contacts ?


Adhésion 2012

20 euros (adhésion des organismes et associations possible) • 10 euros (lycéens, étudiants)
Soutien 
20, 30, 50, 100, autre somme (à préciser) …………… euros *
Nom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 
Prénom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
adresse ; ……………………………………………………..

Soutien à Pascal Boniface

Paris, le 24 avril 2018


L’IRELP a pris connaissance des menaces appuyées et insultes publiques dont a été l’objet Pascal Boniface, intellectuel et directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), à l’aéroport de Tel-Aviv.
Nous les condamnons et nous nous félicitons que d’autres, incluant des autorités gouvernementales de nombreux Etats, les condamnent.
Nous adressons à Pascal Boniface et, à travers lui, à tous les historiens et chercheurs du monde entier notre total soutien et notre plein engagement en défense de la liberté d’expression, incluant la totale liberté de recherche historique.
La recherche intellectuelle et historique est critiquable, elle n’est pas justiciable ; encore moins sous la forme de lynchage, de tribunal populaire ou de pogrome.


Jean-Marc Schiappa, Président de l’IRELP

Démission du jury d’agrégation d’histoire

L’IRELP porte à la connaissance de ses lecteurs cette lettre collective de démission et assure les signataires de son plein soutien

Démission du jury d’oral de l’agrégation externe d’histoire, 16 septembre 2013
mardi 17 septembre 2013
Cher(e)s collègues,
En juillet dernier, les historiens membres du jury d’oral de l’Agrégation externe d’histoire ont exprimé leur crainte de voir le Ministère de l’Education Nationale nommer sans la moindre concertation un représentant de l’Inspection générale à la présidence du jury. Au-delà du symbole, il s’agissait de mettre en garde contre le risque d’affaiblir l’Agrégation en découplant de la recherche la préparation d’un concours d’excellence.
Les interventions et le courrier signé par tous les membres enseignants-chercheurs historiens du jury sont restés lettre morte. La nomination du nouveau président du concours est désormais officielle :
http://www.education.gouv.fr/pid255….
Elle revient à l’Inspecteur général Yves Poncelet, vice-président du concours 2013.
Il est important que collectivement les historiens universitaires aient conscience de ce qui est en jeu : après les effets dramatiques de la mastérisation, le rythme éreintant des réformes qui ont affecté le CAPES, désormais, c’est l’Agrégation qui est visée. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner qu’à très court terme l’Agrégation ne sera plus l’Agrégation, alors même qu’au fil des années les jurys successifs avaient fait évoluer le concours progressivement et dans une large concertation. Si l’Agrégation clone à court terme le Capes nouveau style, elle n’aura bientôt plus aucune raison d’exister.
Des présidents de jurys d’Agrégation ont déjà été choisis au sein de l’Inspection générale, mais dans un contexte tout à fait différent. Aujourd’hui, ce qui menace, c’est la poursuite, comme pour le CAPES et les Masters MEEF, de l’entreprise visant à écarter l’Université de la formation des enseignants. A terme, c’est l’ensemble de notre offre de formation qui s’en trouvera un peu plus fragilisée.
Depuis le 5 juillet, le Ministère de l’Education Nationale avait le temps, si telle avait été son intention, de dialoguer avec le jury. Au contraire, aucune réponse ne lui est parvenue et le jury a été systématiquement tenu à l’écart de toute la procédure qui a conduit à la nomination d’un nouveau Président. Ses membres pensaient mériter un autre traitement de la part des autorités de tutelle, dans la mesure où le bon déroulement du concours repose largement sur l’engagement et le dévouement collectif pour faire vivre le concours et en maintenir la qualité scientifique.
Les 15 signataires ne souhaitent pas continuer à participer au jury d’oral pour la prochaine session dans ces conditions, et ont le 16 septembre au matin adressé une lettre de démission au Ministère de l’Education Nationale.
Bien cordialement à toutes et à tous,
Christophe Chandezon, Vice-président, Professeur d’histoire ancienne, Université Paul-Valéry – Montpellier III
Jean-Louis Gaulin, Vice-président, Professeur d’histoire médiévale, Université Lumière – Lyon 2
Reynald Abad, Professeur d’histoire moderne, Université Paris IV-Sorbonne
Pierre-Yves Beaurepaire, Professeur d’histoire moderne, Université de Nice Sophia – Antipolis, Institut Universitaire de France
Michel Bertrand, Professeur d’histoire moderne, Université de Toulouse, Institut Universitaire de France
Philippe Chassaigne, Professeur d’histoire contemporaine, Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3
Sophie Dulucq, Professeure d’histoire contemporaine, Université Toulouse – Le Mirail
Thierry Dutour, Maître de conférences d’histoire médiévale, Université Paris IV-Sorbonne
Xavier Huetz de Lemps, Professeur d’histoire contemporaine, Université Nice Sophia Antipolis
Frédérique Lachaud, Professeur d’histoire médiévale, Université de Lorraine
Christel Müller, Professeur d’histoire grecque, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Eric Perrin-Saminadayar, Professeur d’histoire grecque, Université Paul-Valéry – Montpellier III
Pierre Ragon, Professeur d’histoire moderne, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Bertrand Schnerb, Professeur d’histoire médiévale, Université Charles-de-Gaulle – Lille 3
Nicolas Tran, Professeur d’histoire romaine, Université de Poitiers, Institut Universitaire de France

Notre ami Dominique Dattola primé à Blois !

Rendez-vous de l’Histoire de Blois
Remise du prix de l’Initiative Laïque 2013 à l’association AZOTH Studio
pour son documentaire « Les 3 Vies du Chevalier »
le 11 Octobre 2013 à 19h00 à la Halle au Grains à l’occasion de la conférence inaugurale
Discours de Dominique Dattola réalisateur du film


Bonsoir à tous et merci au jury d’avoir plébiscité « Les 3 Vies du Chevalier » pour le prix de l’initiative laïque 2013 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois en mon nom et aux noms des cent cinquante collaborateurs qui se sont battus farouchement à mes côtés pour faire émerger ce projet cinématographique.
« Les 3 Vies du Chevalier » est un récit documentaire musical de 110 minutes qui retrace l’histoire de la liberté de penser en France depuis l’ancien régime jusqu’à aujourd’hui au fil du procès du Chevalier de la Barre exécuté en 1766 pour ne pas avoir ôté son chapeau au passage d’une procession religieuse ; au fil de la lutte de ses défenseurs pour obtenir sa réhabilitation et promouvoir la Laïcité.
Treize ans de travail pour aboutir début Septembre 2013 à un ouvrage que j’ai souhaité grand public ; un film d’ouverture au débat citoyen ; un film dédié à l’éternelle jeunesse.
C’est de Montréal la semaine dernière que j’ai appris ma nomination à Blois. L’Association des Humanistes du Québec, en plein débat sur la charte des valeurs, m’y avait invité pour présenter mon film en avant-première nord américaine.
Le film cherche maintenant son distributeur et ce prix facilitera sans doute sa promotion. Dans ce combat, j’ai fait ma part. Merci.
Contact : 00 33 (0)9 82 20 31 87 – azoth.studio@free.fr

Institut d’Histoire de la Révolution Française – Communiqué de soutien

I r e l p


Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée
Gestionnaire de la Bibliothèque de « Entraide et Solidarité »
204, rue du Château des Rentiers 75013 Paris
irelp@laposte.net

Communiqué

L’IRELP, informé des graves menaces qui pèsent sur le fonctionnement et sur l’existence même de l’Institut d’Histoire de la Révolution Française, construit en 1937 grâce au ministre (et libre-penseur) Jean Zay, se déclare indigné que puisse être remis en cause un fleuron de l’Université française, connu dans le monde entier.
L’IRELP communique à tous ses correspondants le message du Professeur Pierre Serna, Directeur de l’IHRF.
L’IRELP assure l’IHRF (qui n’a plus à ce jour d’existence légale, au sens strict du terme) de son soutien plein et entier et déclare, par avance, s’associer à toute démarche visant à garantir la pérennité du fonctionnement de l’IHRF.
Paris, le 6 janvier 2016

Décès de Louis Eemans – Communiqué au CERMTRI

I r e l p
INSTITUT DE RECHERCHES ET D’ETUDES DE LA LIBRE PENSEE
Gestionnaire de la Bibliothèque de « Entraide et Solidarité »
204, rue du Château des Rentiers 75013 Paris
irelp@laposte.net

Aux responsables du CERMTRI

Chers amis
Nous avons appris le décès de votre fondateur et, pour certains d’entre nous, camarade et ami Louis Eemans. Notre tristesse est à la hauteur de notre respect envers celui qui a engagé un combat politique pour l’émancipation humaine, à 20 ans, en 1940, au moment le plus difficile du siècle dernier, et qui n’a jamais dérogé à cet engagement. Il n’a jamais cédé aux effets de mode, ayant compris ce qu’avait dit Jaurès « ce que la mode vous a donné, elle vous le reprendra ».
Nous le savions, eu égard à son âge, fatigué (et qui ne le serait-pas ?) mais, pour ceux qui l’ont connu, il semblait hors des atteintes du temps, et – hélas – le temps a fait son œuvre.
Il serait injuste et impossible de dissocier son action de celle de son camarade et ami d’école Pierre Lambert.
Il ne s’agit pas, pour l’IRELP, de se prononcer sur leurs activités politiques ; d’autres le feront.
Sur notre strict point de vue et nous l’avons déjà dit à l’occasion de la disparition d’un autre animateur du CERMTRI, Pierre Levasseur, le CERMTRI fut un modèle pour l’IRELP et ce que le CERMTRI a fait dans son champ d’activités nous essayons de le faire dans le nôtre.
Nous adressons au CERMTRI en général, à ses animateurs, à la famille et aux camarades de Louis Eemans l’expression de notre grande tristesse et de notre profond respect.
Fraternellement
Pour l’IRELP
Jean-Marc Schiappa, Président

un nouveau statut pour l’IHRF ?

Un nouveau statut pour l’IHRF ?*
PAR AHMUF • 02/01/2016
Chères et chers collègues,
j’espère que « la limonade aristocratique » comme le disait Robespierre du champagne a coulé hier soir et que 2015, que personne ne regrettera et se finissant, 2016 nous portera plein de force pour nous consacrer à Marianne, si nous ne voulons pas de Marine en 2017.
Depuis ce matin l’UMS qui portait l’IHRF n’existe plus. Ni juridiquement, ni financièrement, l’IHRF n’a d’existence désormais, pour le moment. Ainsi en a décidé le CNRS. J’en prends acte, n’ayant pas à commenter cette décision, Je constate simplement que l’année où l’on panthéonise Jean Zay, on défait l’institut de défense républicaine et d’études universitaires qu’il avait porté en 1937. La vitrine est quelque peu brisée. Il est vrai qu’à l’époque le gouvernement était de gauche et d’union populaire.
Concrètement l’IHRF n’a plus d’autonomie financière pour construire sa politique scientifique dans l’avenir, ni d’existence légale pour exister en tant qu’institut universitaire. Quatre EC, un professeur et trois maitres de conférence continueront de façon loyale à travailler au sein de l’IHMC, comme ils l’ont toujours fait, avec toujours moins de moyens, mais pas sans espoir.
Entre 2008 et 2015, l’IHRF a assumé 10 parutions collectives, organisé et co-organisé 16 colloques internationaux, a co-porté au sein de l’ANR le projet REV-LOI en collaboration avec l’université de Chicago et les Archives Nationales, permettant la numérisation de plus de 20 000 décrets et lois des trois premières assemblées révolutionnaires de 1789 à 1795, accessibles sur le serveur de Paris I. L’IHRF a engagé la numérisation des 80 000 pages des Archives parlementaires qui se terminera en partenariat avec la BIS et le laboratoire Persée de l’ENS de Lyon en 2022. Un site électronique a été inventé, référencé comme site repère par le ministère de l’Education Nationale. Michel Vovelle a fait un don de plus de 2000 ouvrages, accueillis et tous classés. Une revue électronique, http://lrf.revues.org/, portée par le portail revues.org a été imaginée, conçue, testée par le comité éditorial durant 5 numéros, puis labellisée. Elle en est actuellement à son 9eme numéro, et la programmation est engagée jusqu’en 2017. Un grand séminaire d’histoire d’Outre-Mer a été fondé liant les universités de la Réunion et des Antilles et de Paris I. Une université populaire reconnue par convention officielle a été signée sous l’impulsion de l’IHRF avec le comité Marche du 23 mai 1998. Depuis la retraite de Michel Vovelle, il n’y a jamais eu autant de doctorants au sein de l’IHRF, dont trois anciens élèves de l’ENS, salariés de notre université. L’ensemble des étudiants de MI, partagés par l’équipe enseignante, s’élève à 21 cette année. Je ne parle pas des effectifs de L3 que chacun peut consulter aisément… Le séminaire doctoral co-dirigé par les deux HDR de l’IHRF, n’a jamais eu moins de 40 participants depuis octobre 2014.
Trois promesses ont été faites concernant la bibliothèque, la publication des Archives parlementaires et le site électronique de l’IHRF. Ces trois points acquis (non sur le papier) mais oralement, me reste l’espoir de voir le CNRS tenir parole.
Reste également à expliquer à nos collègues Japonais, Chinois, Anglais, Italiens, Espagnols, Allemands, Néerlandais, Américains du nord et du sud, Coréens, Canadiens, Belges, Tunisiens, Russes, Polonais, Australiens entre autres, et qui ont fait l’honneur et l’amitié d’inviter les EC de l’IHRF, ce tournant de la politique scientifique et envisager avec eux la suite des collaborations qui nous lient et ont donné de si fructueux résultats jusqu’à présent. Tous demeurent incrédules, ou tout au moins plus que surpris par cette décision qui entrave durablement toute initiative au long terme, de politique commune avec nos collègues des universités d’autres pays. Plus proches de nous, les centres d’université de province, la Société des Etudes Robespierristes construisent des politiques sur deux ou trois ans, nous sollicitant régulièrement pour des projets communs. Plus personne ne peut leur répondre désormais pour s’engager sur l’organisation d’un colloque dans deux ans… c’est aussi simple que cela. Il en est de même avec le Musée de la Révolution française de Vizille avec lequel un partenariat des plus constructifs avait été pensée et édifié, en partie sur la confiance et la pérennité de nos institutions respectives.
Avant de penser à ce que nous réserve l’avenir, force est de constater que l’IHRF existait bien avant l’UMS. Il a été fondé il y a 78 ans, et était un des plus anciens laboratoires de recherche de l’Université de Paris I. Depuis 1886 la recherche universitaire en Sorbonne est assurée et poursuivie. L’IHRF doit-il disparaitre au nom de la gouvernance sobre et calculatrice ? Ou se dissoudre dans le prestigieux IHMC, dont la valeur n’est ici strictement pas remise en cause.
L’IHRF auquel j’appartiens depuis 1984, a connu bien d’autres péripéties, remises en cause, turbulences et risques de disparition. Les volontés des chercheurs, de quelques décideurs éclairés, des participants à son séminaire, de ses doctorants, ont toujours permis de trouver une solution pour le faire vivre et lui redonner toute sa visibilité dans le champ des études révolutionnaires français et international.
Etre suprême, ce ne sont pas les historiens qui décident quand la révolution est finie, ni les bureaucrates qui peuvent déterminer la fin d’une institution aussi reconnue, active, et dynamique que l’IHRF.
Elle a été un Institut Universitaire, elle peut le redevenir ou prendre bien d’autres formes.
L’UMS est morte…. Je laisse aux modernistes de notre laboratoire terminer la phrase.
N’ayant jamais cru que l’affaiblissement d’une branche active des sciences humaines, pouvait renforcer un autre pan de la recherche, je demeure fort inquiet sur cette politique…
Je souhaite à tous une belle année de luttes républicaines et de vigilance démocratique, de désobéissance civile pour les plus rebelles et les plus révolté e s par les injustices d’entre vous, sans compter surtout sur les plus belles aventures intellectuelles et scientifiques avec nos étudiants et doctorants. Ce sont eux qui feront le futur des études révolutionnaires avec ou sans entrave.
Bien à vous.
Pierre Serna, professeur d’histoire de la Révolution française à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne et vice-président de l’Ahmuf (Association des Historiens Modernistes des Universités Françaises)
*Institut d’Histoire de la Révolution Française