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Suite à un article publié dans la revue 20&21, Annie Lacroix-Riz fait valoir son droit de réponse

Nous publions ici le droit de réponse d’Annie Lacroix-Riz publié dans la revue 20&21 à un article précédent de cette revue. Le droit de réponse étant strictement réglementé (et tant mieux), on peut estimer que si publication de cette réponse il y eut, c’est que les termes normaux d’une critique historique n’avaient pas été respectés. ==> lire la réponse d’Annie Lacroix-Riz

Contribution de l’IRELP à la conférence de l’IAHLI

version française

english version

Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée

Gestionnaire de la Bibliothèque de « Entraide et Solidarité »

204 rue du Château des Rentiers 75013 PARIS

irelp@laposte.net

La “crise du corona” n’a pas affecté l’IRELP de manière substantielle.
Pour deux raisons différentes. La première est que nous nous attendions à une crise mondiale. Evidemment, nous n’avions en rien prévu une crise de type pandémique et le confinement. Nous nous attendions à une crise financière de l’ordre de celle de 2008 en beaucoup plus importante (à notre avis, cette crise est à venir). Donc, nous avons avancé à marche forcée depuis plusieurs années pour être un Institut solide sur ses bases, reconnu par les siens et avec un public assez étendu qui nous fasse confiance. Y sommes-nous arrivés ? L’avenir le dira.
La seconde raison est que nous sommes un petit Institut avec un petit budget. Nous n’avons pas de salariés. Ce budget repose essentiellement sur nos propres produits et le soutien des organisations amies ; pas du tout sur le soutien de mécènes ni sur celui de fonds publics. C’est un problème en temps normal, c’est une chance en temps de crise : nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes.
Tout d’abord, nous n’avons enregistré aucun décès. Dans la tragédie mondiale que fut la crise du virus, nous savons que d’autres ont été cruellement frappés et c’est à eux que nous pensons d’abord.
Avec le confinement, nous avons dû fermer nos locaux et nous n’avons pu recevoir ni chercheurs ni étudiants. Le classement de nos archives, celui de la Bibliothèque (les deux sont toujours en développement incessant), l’achat des meubles nécessaires ont été interrompus. En un mot, tout ce qui était du domaine du physique a été interrompu. Incontestablement, cela a été un manque. Nos relations internationales ont également été affectées.
Nous avons, en revanche, fait fonctionner beaucoup plus que d’habitude les liens électroniques. D’abord, pour rompre l’isolement des 2500 correspondants. Nous avons signalé à ceux-ci les ouvrages ou revues en ligne qui étaient sur notre site, en multipliant les informations, les envois d’articles parfois anciens. Nous avons également procédé à un sondage et à un bilan avec nos correspondants sur leur appréciation de notre site, ce qui permettait de poursuivre le dialogue (l’IRELP n’était pas inactif). Mais nous n’avons pas résolu la question des personnes (rares) qui n’ont pas accès à internet.
La fermeture de nos locaux a affecté nos activités, et donc nos finances mais les propriétaires des locaux que nous louons (Mairie de Paris indirectement) ont fait preuve de beaucoup de compréhension. Nous tenons à les remercier.
Dès que les livraisons postales ont pu reprendre nos envois ont repris progressivement. L’importance des relations passées avec nos correspondants ayant permis une confiance réciproque, les commandes de livres et de revues ont continué, même en quantité moindre.
Nous avons, également, modifié en urgence le contenu de notre revue, prévue pour octobre qui sera consacré à « Catastrophes naturelles, épidémies, cléricalisme, anticléricalisme ». Nos contacts ont apprécié notre réactivité.
Cette situation nous a obligé à constater le grand retard pris sur la numérisation de nos archives et la nécessité de rattraper ce retard, au moins partiellement.
La solidité et l’efficacité (dans la limite de nos moyens) sont des éléments qui ont permis notre fonctionnement pendant cette période difficile.

Jean-Marc Schiappa, Président

Présentation du livre ” Une histoire de la Libre pensée ” par Quentin Dauphiné, dans “Révolution permanente”

Télécharger l’article de Quentin Dauphiné

 

Sur Collectif, coord. Louis Couturier, Christian Eyschen, Jean-Marc Schiappa, Histoire de la Libre Pensée, IRELP, 2019.


L’IRELP (Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre pensée), a édité une Histoire de la Libre pensée.
En France, pour les militant.es la « Libre pensée » renvoie avant tout à l’évocation d’une organisation laïque : la FNLP (Fédération nationale de la Libre pensée). Cet ouvrage nous rappelle utilement que la réalité est plus polysémique, et donc plus riche. Il prend le parti de défi nir la Libre pensée ainsi : elle n’est pas une doctrine, mais une méthode.
Qui dit méthode, dit méthode d’explication du monde et de la société : autrement dit, le rationalisme, et en tout cas la démarche d’explication de la réalité sociale et physique sans faire appel à une divinité ni à un texte révélé.
Cela étant, il est nécessaire deux distinguer deux éléments quand on parle de « libre pensée », c’est quelque part le sujet central de ce livre :
– une attitude philosophique et intellectuelle, impliquant la remise en cause des dogmes dominants et des pouvoirs en place ;
– un courant militant organisé, dont on peut dater l’apparition du milieu du 19e siècle même s’il a pris des formes variées depuis.
Le livre en question nous montre le passage – ou plutôt la superposition – entre ces deux dimensions, ce qui l’amène à se centrer plus spécifiquement sur la situation française : la France est un des pays où la libre pensée a pu jouer un rôle majeur, notamment lors de la mise en place d’une laïcisation à peu près complète des institutions (loi de Séparation de 1905).
Une Libre pensée dont les thématiques d’action sont fortement imprégnées de la Révolution française.
Un aspect important de l’ouvrage est de faire entrevoir – ce sont plus des moments-clefs qu’une narration continue – les grands débats de la Libre pensée française face aux événements ayant déchiré le 20e siècle et le 21e siècle débutant : une histoire heurtée, pas toujours rectiligne ni glorieuse. Du basculement de nombreux libres penseurs dans l’Union sacrée, en passant par le soutien accordé au Front populaire puis la rupture avec ce dernier, les luttes d’après 1945, concentrées sur la défense de la laïcité scolaire (le fameux slogan « fonds publics pour l’école publique, fonds privés pour l’école privée ») et de la loi de 1905, jusqu’à l’indépendance difficilement acquise face au gouvernement «socialiste» de 1981…,
le livre se termine sur une note positive et prudemment optimiste, finissant par embrasser le début de l’année 2020. On aurait aimé que les termes de certains débats internes – qui relèvent aussi de débats plus généraux dans le mouvement ouvrier – soient présentés plus
explicitement. Ainsi la scission des années 1990, ou même les remous internes plus récents comme lors de la scission du trotskysme « lambertiste », assez bien représenté parmi les « cadres » de la Libre pensée française.
Des éléments seraient aussi à creuser. Par exemple l’entrecroisement entre mouvement ouvrier (notamment l’anarchisme), franc-maçonnerie (républicaine bourgeoise) et travail d’émancipation intellectuelle face aux préjugés de la société bourgeoise (cf. le rôle des femmes libres penseuses) : c’est à peu près la seule organisation qui peut ouvertement revendiquer des sensibilités idéologiques allant de l’anarchisme jusqu’aux républicains radicaux (le pilier de la « gauche » sous la 3e République). Si la séparation « définitive » (sachant que l’Etat capitaliste cherche toujours à intégrer le mouvement ouvrier quand il ne le réprime pas) entre mouvement ouvrier et bourgeoisie prend corps lors de la seconde moitié du 19e siècle et se matérialise dans le sang avec la répression de la Commune, comment analyser une telle conjonction dans une organisation ? Cela est-il porteur de sens et de perspectives ? Une figure comme celle de Ferdinand Buisson, dont le rôle majeur est rappelé y compris dans l’élaboration de la loi de Séparation, semble apporter une réponse affirmative à ces questions ; mais lui-même, n’a-t-il pas basculé dans l’Union sacrée en 1914 ?
Finalement, ce livre apporte d’utiles éclairages, même si bien entendu on peut discuter telle ou telle affi rmation. Et surtout – ce qui est sans doute un de ses buts – il donne en envie d’en savoir davantage sur cette Libre pensée qui provoque des cauchemars parmi les
plus obscurantistes des dignitaires catholiques.


Quentin DAUPHINÉ

In memoriam Jean-Claude Pecker (10 mai 1923 – 20 février 2020)

Notre ami et camarade, car il a toujours été un vrai camarade au sens plein du terme, comme le disait Sébastien Faure dans l’Encyclopédie anarchiste : « Il y a de bons camarades, d’excellents cœurs, qui répondent : « Présents ! » chaque fois qu’il le faut. Ils sont rares, ils ne courent pas les rues, mais enfin on en trouve. Ceux-là méritent d’être aimés. Un bon camarade est aussi rare qu’un véritable ami. Que dis-je, n’est-ce pas le « type » même du véritable ami ?

Un bon camarade vous éclaire sur vos défauts comme sur vos qualités. Il est le conseiller, le guide, ne cherchant à imposer ni ses conseils, ni sa manière de voir, mais seulement à vous être utile. Un bon camarade ne vous trahit point. Il agit avec le plus pur désintéressement. Il est sincère, et loyal. Il vous regarde en face et vous tend la main sans arrière-pensée. Il ne vous abandonne jamais aux heures difficiles. Il est là, tout près, qui vous soutient, moralement et physiquement. Il sait les paroles qu’il faut prononcer, les actes qu’il faut accomplir, sans bruit, sans ostentation. Il se donne selon ses moyens, selon ses forces, mais il se donne entièrement. Le peu qu’il fait, c’est beaucoup. Il nous défend si on nous attaque. Quand vous en rencontrez un sur votre route, dites-vous bien que vous avez trouvé un trésor. »

Cette définition correspond en tous points à cet honnête homme, si bon, si loyal, si droit, toujours plein d’empathie pour les autres. Comme on dit dans nos milieux militants, c’était quelqu’un de bien.

J’ai connu Jean-Claude quand nous avons constitué le Centre de Liaison et d’Initiative Laïque qui allait organiser avec succès la grande manifestation de décembre 1995, en pleine grève générale contre le plan Juppé, pour le 90e anniversaire de la loi de 1905. Les réunions avec lui, Etienne Pion, Pierre Lambert et Alexandre Hébert n’étaient pas souvent d’un calme repos. Jean-Claude agissait toujours avec tact et mesure pour mettre tout le monde d’accord, et ce n’était pas toujours simple.

Nous avions décidé cette manifestation lors d’un banquet du vendredi-dit-saint à la Mutualité, où à la même table se côtoyaient Pierre Lambert, Etienne Pion et nos amies du Planning familial. Et Jean- Claude nous a un peu raconté sa vie militante. Il était membre de la IVe Internationale tout jeune et avait voulu combattre dans les Brigades internationales. Vu son jeune âge, cela lui avait été refusé, il a donc été brancardier sur le front contre les franquistes.

Et puis il y a eu la guerre, la Libération, toujours trotskyste et fidèle au poste. À ce repas, il revoyait Pierre Lambert pour la première fois depuis longtemps. Le courant s’est renoué et la sympathie était profondément réciproque.

Après la Libération, il s’est consacré à sa carrière scientifique d’astrophysicien, où il est devenu une sommité et une référence. Il a fait partie de la délégation officielle française à l’UNESCO, ce n’était pas rien. Quand l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU) voulut être représentée comme ONG à l’UNESCO, Jean-Claude décida de quitter la délégation gouvernementale pour se fondre dans la masse et y représenter l’IHEU. Un tel comportement militant, ce n’est pas si courant. D’autres ont toujours préférés les ors.

Quand la Fédération nationale de la Libre pensée a rejoint l’IHEU en 2000, grâce à notre ami Babu, Jean-Claude était un laïque heureux et il nous a beaucoup aidés dans nos actions. Il a toujours été de tous nos combats, signataire de tous nos appels, en première ligne toujours pour défendre la laïcité. Il a toujours été à nos côtés.

Il avait un grand humour et les yeux rieurs d’un jeune homme. Il souriait quand il disait qu’il habitait l’Ile d’Yeu (comme Pétain).

La Libre Pensée perd un grand ami, la classe ouvrière un grand soutien, et la cause laïque un grand militant. C’est très respectueusement que les libres penseurs honoreront à tout jamais Jean-Claude Pecker. La Libre Pensée adresse sa plus fraternelle solidarité à tous les siens.

Salut et Fraternité !

Christian Eyschen

” Poser les mauvaises questions pour éviter les bonnes réponses ” – un article publié par Mediapart

avec l’autorisation de P. Boniface (Mediapart)

Caroline Fourest vient de sortir un nouveau livre, Génération offensée, dont elle doit espérer qu’il la remette du flop monumental – malgré un budget hors-norme et une promotion hollywoodienne – de son film Sœurs d’armes.

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